« Anthôman » renoue avec la tradition des projections de presse

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À l’heure où les avant-premières se déroulent souvent sous le rythme effréné des réseaux sociaux, Prisca Marceleney, actrice, et Jacques Trabi, réalisateur du film Anthoman, ont choisi autre chose. Revenir à une pratique qui tend malheureusement à disparaître.

Il s’agit de la projection privée destinée à la presse spécialisée.

Dans une salle intimiste, loin des caméras et de l’agitation des plateformes numériques, les deux artistes ont convié les journalistes passionnés de cinéma. C’était pour découvrir Anthoman. On prévoit la grande première le 29 juillet à 18 h 30 au Pathé Cap Sud de Marcory.

L’objectif n’était pas seulement de montrer le film, mais surtout de créer un véritable espace d’échange. À l’ancienne, chacun a pu livrer son regard, formuler ses observations, partager ses émotions. Et débattre des qualités comme des axes d’amélioration de l’œuvre. Une démarche qui s’apparente à un véritable « warm-up » avant la rencontre avec le grand public.

Parmi les invités figuraient Yacouba Sangaré, du Patriote et activiste engagé du cinéma, Othniel, directeur de production du film, Solange Aralamon, Gora Thomas, Faustin Ehouman de Fraternité Matin, Doudou Jean Antoine du Patriote ainsi que Didier Koré de Life TV. La projection s’est achevée par un échange riche et constructif autour de ce film intimiste et d’un goûter convivial.

Cette initiative rappelle l’importance des projections de presse, longtemps considérées comme une étape essentielle de la promotion cinématographique.

Elles permettent aux journalistes de découvrir une œuvre dans des conditions optimales, d’en saisir les intentions artistiques et d’échanger directement avec ses créateurs. Elles favorisent une critique argumentée, loin des jugements instantanés qui dominent aujourd’hui les réseaux sociaux.

À une époque où les avis se construisent parfois en quelques secondes. Cela devant une bande-annonce ou un extrait viral, ces rencontres offrent le temps nécessaire à la réflexion. Elles contribuent également à renforcer le dialogue entre les professionnels du cinéma et les médias. Tout en permettant au réalisateur d’entendre des retours susceptibles d’enrichir son regard.

Si cette tradition tend à s’effacer, l’équipe d’Anthoman démontre qu’elle conserve toute sa pertinence. Car avant d’être un produit à consommer, le cinéma reste une œuvre qui mérite d’être regardée, comprise et discutée.

POUVOIRS MAGAZINE

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