2 juin : la Côte d’Ivoire se souvient de Tangara, Kady, Bulldozer, Mohamed…

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Vingt-quatre ans après sa disparition, Tangara Speed Ghôda demeure une figure singulière de la musique ivoirienne.

Artiste inclassable, pionnier d’un reggae enraciné dans les réalités populaires, il a marqué plusieurs générations. Par son langage, son audace et sa liberté créatrice. En ce 2 juin, son souvenir résonne avec émotion, tandis que plusieurs proches l’ont déjà rejoint dans l’éternité.

Ce 2 juin marque le vingt-quatrième anniversaire de la disparition de Tangara Speed Ghôda, artiste majeur de la scène ivoirienne.

Né Oumar Tangara à Bouaké, il demeure une figure incontournable du reggae populaire et engagé ivoirien contemporain.

Par son style singulier, il a profondément transformé l’expression musicale urbaine en Côte d’Ivoire pendant plusieurs décennies.

Tangara avait choisi un langage accessible mêlant nouchi, baoulé, dioula et français pour toucher toutes générations.

Son œuvre dépassait largement les frontières musicales habituelles pour devenir un véritable phénomène culturel populaire ivoirien.

Beaucoup considèrent aujourd’hui qu’il a sorti le reggae des cercles spécialisés pour le rapprocher davantage du peuple.

À travers des textes provocateurs, spirituels ou humoristiques, il cultivait une liberté artistique rarement égalée auparavant.

Sa disparition prématurée avait laissé un immense vide dans le paysage culturel ivoirien déjà fragilisé alors.

Aujourd’hui, l’émotion demeure plus forte encore lorsque l’on pense aux proches qui l’ont rejoint depuis.

Son fils Mohamed, son batteur Bulldozer ainsi que récemment- sa fille Kady figurent parmi ceux partis.

Leurs absences successives rappellent la fragilité des existences humaines et la puissance durable des souvenirs partagés.

Parmi ses enfants, Nadia demeure aujourd’hui l’un des témoins vivants de son héritage familial précieux.

Fondateur de l’espace Hakili-So, Tangara avait également créé un lieu majeur de rencontres artistiques africaines.

De nombreuses figures du reggae y ont trouvé une scène ouverte aux échanges culturels féconds durables.

Ses albums « Show Biz Ti Requin », « Temps et Lumière » puis « Esprit » continuent d’inspirer.

Vingt-quatre années après son départ, sa voix demeure présente dans la mémoire collective ivoirienne encore.

En ce jour de souvenir, l’hommage dépasse l’artiste pour embrasser également tous les êtres disparus.

Tangara repose désormais auprès des siens, mais son œuvre continue d’éclairer plusieurs générations africaines aujourd’hui.

ALEX KIPRE

photos: dr

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