Décès: Bulldozer rejoint Tangara Speed Ghôda, la cadence éternelle de l’émotion

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À Bonoua, Bulldozer (Kouadio Matthieu) s’éteint après une semaine d’hôpital, laissant résonner pour toujours la mémoire rythmique de Tangara.

Vendredi matin, à cinq heures précises, Bulldozer hospitalisé à Bonoua est parti. Il luttait contre un diabète.
Le pied gauche, enflé mais son esprit musical restait intact, vibrant dans chaque souvenir des anciens musiciens.
Avant ce drame, il préparait avec ses compagnons un hommage à Tangara.

                                        Centre Culturel Français à Abidjan en 1998. Debout: Charly Yapo, Kush,  Tangara Speed Ghôda

                                          Acroupi à gauche, Bulldozer (KOUADIO MATTHIEU)

Célébrant leur histoire commune et leur passion pour la musique.
Suzuki, le photographe japonais, et Tche Spirit, le guitariste fidèle, Edouard le saxo tous avaient rejoint la ville. Aline, la Sister Moon les avait accueillis.

L’objectif était d’immortaliser ces moments d’émotion collective et de partage.

Bulldozer était reconnu pour le punch et sa façon de tout déménager, tout balayer. Sa mémoire exceptionnelle, sa fidélité aux répétitions et son refus d’improviser sur des rythmes non maîtrisés.
Sur le deuxième album de Tangara « Temps et Lumière », il laissait déjà sa marque indélébile. Ajoutant profondeur et précision à chaque composition.
Humainement, il incarnait la générosité et la disponibilité. Acceptant toujours les propositions, sans jamais refuser un projet ou un défi musical.
Le 11 avril prochain, la levée du corps se déroulera à la morgue de Bonoua de sept à dix heures, suivie de l’enterrement immédiat.


Ce sera un dernier hommage où amis, musiciens et admirateurs célébreront sa vie, son rythme et sa fidélité à Tangara et à l’art.
Aujourd’hui, Bulldozer rejoint Tangara, et dans le silence des percussions, l’émotion pure et la musique continuent de parler aux vivants.
La cadence qu’il a créée, fidèle et précise, résonnera désormais dans les souvenirs, les albums et le cœur de tous ses amis musiciens.
Ainsi, même face à l’absence, la musique ivoirienne garde son battant. Et le rythme de Bulldozer devient symbole d’éternité et d’hommage artistique.

A.K.

photo:dr

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