Dans cette tribune au ton incisif, Feero M. Bally, éditorialiste confirmé et observateur attentif de la vie publique ivoirienne, s’interroge. Et interroge la responsabilité des pouvoirs successifs face à la récurrence des effondrements d’immeubles.
Au-delà de la polémique politique, il pose la question de la capacité de l’État à prévenir durablement ces drames. Ceux qui continuent de coûter des vies humaines.
« Tous ces immeubles qui s’effondrent, à l’exception d’un seul, ont été construits durant la période 2000-2010. Dans des conditions qui n’étaient pas techniquement conformes », expliquait, pince-sans-rire, Koné Nabagné Bruno. Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, ainsi que porte-parole du gouvernement.
Les immeubles construits durant cette période du régime de Laurent Gbagbo continuent, selon lui, de semer la désolation. Le samedi 23 mai 2026, huit personnes ont été retirées sans vie des décombres d’un immeuble de type R+4 en construction à Soweto, dans la commune abidjanaise de Koumassi.
Ce n’est pas tout.
Voici qu’un autre immeuble, situé à la Riviera, dans la commune de Cocody, semble à son tour sur le point de s’effondrer. Il demeure encore debout grâce au soutien d’un bâtiment voisin qui lui sert, pour ainsi dire, de béquille.
Le souffre-douleur Gbagbo, à la tête d’un gouvernement de circonstance comprenant ex-rebelles et partis d’opposition, n’est pourtant plus au pouvoir depuis 2011.
Mais quinze années plus tard, les drames liés aux effondrements d’immeubles continuent de se produire.
Pour certains observateurs, cette situation traduit moins les fautes du passé que l’impuissance, l’incurie et l’impéritie des autorités actuelles à prévenir durablement ces catastrophes.
F. M. Bally
photo:dr
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