Tabaski 2026 : la Côte d’Ivoire entre routes bloquées et pari sur le mouton local.

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À l’approche de la Tabaski, l’ambiance est tendue sur les marchés à bétail ivoiriens. La fête du mouton, qui mobilise chaque année près de 350 000 têtes dont 120 000 pour Abidjan seul, se heurte en 2026 à un contexte régional instable qui complique l’approvisionnement.

Entre insécurité régionale, flambée des coûts logistiques et dépendance extérieure, la filière bétail traverse une période particulièrement sensible.

À l’approche de la Tabaski, les marchés ivoiriens du bétail connaissent une tension grandissante dans plusieurs grandes villes nationales.

Chaque année, la fête mobilise environ trois cent cinquante mille moutons, dont cent vingt mille exclusivement destinés à Abidjan.

En 2026, le contexte sécuritaire régional perturbe fortement l’approvisionnement traditionnel provenant principalement des pays sahéliens voisins historiques.

Les routes commerciales traversant le Burkina Faso et le Mali deviennent progressivement impraticables pour les transporteurs spécialisés régionaux.

Les attaques armées répétées compliquent désormais considérablement la circulation des convois transportant quotidiennement les animaux vers Abidjan depuis longtemps.

Les fermetures de frontières bouleversent également les échanges commerciaux habituels entre les opérateurs ivoiriens et les fournisseurs sahéliens historiques.

Le 8 mai 2026, Ouagadougou suspend officiellement les autorisations d’exportation de bétail afin de préserver son marché intérieur.

Le Niger avait déjà appliqué une mesure similaire durant l’année précédente pour protéger durablement ses ressources nationales stratégiques.

Les transporteurs doivent maintenant emprunter des corridors plus longs traversant plusieurs pays côtiers avant d’atteindre finalement la Côte d’Ivoire.

Les convois transitent désormais par le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana avant d’arriver finalement à Abidjan.

Le trajet, autrefois réalisé en deux jours seulement, nécessite maintenant près de quatre jours pour atteindre finalement Abidjan.

Cette réorganisation logistique provoque une augmentation spectaculaire des coûts supportés par les commerçants et transporteurs ivoiriens spécialisés.

Le prix moyen de location des camions passe désormais d’un million à presque quatre millions francs CFA aujourd’hui.

Cette hausse importante des charges se répercute directement sur les prix pratiqués dans les marchés urbains ivoiriens contemporains.

En 2026, certains moutons Bali-Bali importés coûtent désormais entre cent cinquante mille et cinq cent mille francs CFA.

Les plus grands spécimens dépassent même cinq cent mille francs CFA dans plusieurs marchés spécialisés fréquentés par les consommateurs aisés.

Sur les réseaux sociaux, les rumeurs persistantes de pénurie alimentent désormais l’inquiétude de nombreux ménages ivoiriens modestes urbains.

Face à cette situation préoccupante, le gouvernement ivoirien multiplie activement les initiatives destinées à sécuriser durablement l’approvisionnement national.

Le ministère des Ressources animales organise plusieurs rencontres avec les commerçants, éleveurs et responsables religieux depuis début mai.

Les autorités cherchent simultanément à rassurer les consommateurs et promouvoir davantage le cheptel produit localement en Côte d’Ivoire.

Le directeur de cabinet Assoumany Gouromenan encourage particulièrement les guides religieux à soutenir les béliers élevés localement aujourd’hui.

Le cheptel national progresse régulièrement depuis plusieurs années grâce aux politiques publiques destinées au développement de l’élevage ivoirien.

Entre 2020 et 2025, le nombre de têtes passe officiellement de 2,26 millions à 2,73 millions aujourd’hui.

La production nationale couvre désormais environ vingt-cinq pour cent des besoins ivoiriens pendant la période particulièrement sensible de Tabaski.

Les autorités rappellent également que les moutons Djallonké locaux respectent parfaitement les exigences religieuses liées au sacrifice traditionnel musulman.

Ces moutons locaux restent beaucoup plus accessibles financièrement avec des prix variant entre quarante mille et cent cinquante mille.

À Abidjan, les autorités centralisent désormais le déchargement des animaux au parc à bétail principal situé à Anyama.

Deux corridors sécurisés permettent également de fluidifier le transport tout en limitant les tracasseries administratives rencontrées quotidiennement auparavant.

Les autorités locales souhaitent ainsi réduire les embouteillages et lutter efficacement contre certaines pratiques spéculatives observées récemment partout.

Parallèlement, la Côte d’Ivoire explore activement de nouveaux partenariats commerciaux afin de réduire sa dépendance historique sahélienne structurelle.

Dans le cadre du mécanisme TESAM, plusieurs négociations avancent actuellement avec la Mauritanie et différents partenaires côtiers africains.

L’UNSCOOMABCI assure néanmoins qu’aucune pénurie majeure ne menace réellement les marchés ivoiriens avant la célébration religieuse annuelle prochaine.

Selon cette organisation professionnelle, environ deux cent mille têtes devraient prochainement approvisionner correctement les différents marchés nationaux ivoiriens.

Les premiers convois de moutons sont d’ailleurs arrivés en Côte d’Ivoire dès le 12 mai dernier officiellement.

Au-delà de l’urgence immédiate, les acteurs du secteur soulignent toutefois un problème structurel concernant l’autosuffisance nationale durable ivoirienne.

Comme dans la filière avicole auparavant, plusieurs spécialistes souhaitent désormais renforcer fortement la production nationale de bétail local.

L’objectif stratégique consiste principalement à réduire progressivement la dépendance ivoirienne face aux importations régionales devenues particulièrement vulnérables aujourd’hui.

Les autorités privilégient actuellement la sensibilisation des consommateurs et la valorisation des moutons élevés localement depuis plusieurs années.

Le message gouvernemental demeure clair : la Tabaski sera célébrée normalement malgré les nombreuses difficultés rencontrées cette année nationalement.

Cette année cependant, les consommateurs devront probablement accepter des moutons plus modestes provenant principalement des élevages ivoiriens locaux.

CoolBee Ouattara

photo:dr

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