La chute brutale des prix au Ghana menace l’équilibre fragile de la filière cacao en Côte d’Ivoire.
La décision prise au Ghana marque un tournant majeur pour toute la filière cacao ouest-africaine stratégique et fortement interdépendante.
À Accra, les autorités ont annoncé une baisse drastique de trente pour cent du prix payé aux producteurs locaux.
Le tarif bord-champ passe ainsi de 2 635 000 Fcfa à 1 850 000 Fcfa, fragilisant profondément les exploitations rurales.
Cette mesure intervient dans un contexte déjà difficile, marqué par la baisse des rendements agricoles et l’instabilité persistante des marchés internationaux.
Selon Agence France-Presse, cette réforme répond à de fortes tensions de trésorerie et des retards de paiement accumulés.
Le Ghana Cocoa Board fait face à un endettement élevé limitant sa capacité à financer efficacement les campagnes.
Le ministre Cassiel Ato Forson évoque une adaptation nécessaire aux réalités économiques mondiales actuelles particulièrement contraignantes.
Pourtant, le cacao demeure un pilier essentiel de l’économie ghanéenne, représentant environ dix pour cent du produit intérieur brut.
Près d’un million de personnes dépendent directement de cette culture, essentielle aux exportations nationales après l’or et le pétrole.
La chute des prix internationaux, passant d’environ 6 250 000 Fcfa à près de 2 050 000 Fcfa la tonne, accentue la crise.
Cette contraction spectaculaire réduit considérablement les marges publiques et fragilise les mécanismes de stabilisation destinés à protéger les producteurs.
Pour la Côte d’Ivoire, cette situation dépasse largement le cadre d’une simple crise bilatérale régionale.
Avec le Ghana, elle assure plus de soixante pour cent de l’offre mondiale, rendant toute décision fortement interdépendante.
Un écart de prix trop important pourrait pousser les négociants à renégocier les contrats ivoiriens à leur avantage stratégique.
À court terme, une pression à la baisse semble inévitable pour les producteurs ivoiriens déjà confrontés à plusieurs difficultés structurelles.
À moyen terme, l’accélération de la transformation locale devient indispensable pour réduire la dépendance aux fluctuations des marchés internationaux.
Cette crise confirme enfin une réalité : les destins économiques d’Accra et d’Abidjan restent étroitement liés et vulnérables.
JM AHOUSSY
photo:dr
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