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Il nous revient que le sélectionneur des Éléphants, Emerse Faé, aurait confié à Nicolas Pépé : « Moi je t’avais mis, c’est le président qui t’a enlevé de la liste. Ça ne vient pas de moi ».

Cette phrase dépasse le simple cadre d’un échange privé.

Si ces propos sont avérés, ils posent une question lourde : un sélectionneur peut-il se dédouaner publiquement — ou en coulisses — d’une décision officielle ?

Au-delà de la polémique, c’est la notion même de leadership qui est en jeu.

Un sélectionneur, c’est une colonne vertébrale

Dans toutes les grandes nations de football, la fonction de sélectionneur repose sur une règle tacite : l’unité et la responsabilité.

Un coach peut être en désaccord avec sa fédération. C’est courant et même pas grave à la limite. Il peut subir des pressions. Il peut même être contraint d’accepter un arbitrage. Mais une fois la décision entérinée, il l’assume. Il fait corps ave celle. La décision de la fédération qu’il a accepté au bout du compte devient SA décision à lui.

L’exposer à un joueur, en rejetant la faute sur le président — en l’occurrence Idriss Diallo — relève d’une posture qui interroge. Qui dérange

Soit Faé dit non, refuse l’ingérence et assume les conséquences. On peut le réprimander ou même le renvoyer 
Soit il accepte la décision… et la porte avec loyauté.

Dans une équipe, la solidarité avec Idriss est une valeur cardinale. La briser, c’est fissurer l’édifice FIF

L’exemple des grands techniciens

L’histoire du football mondial regorge d’exemples de sélectionneurs confrontés à des tensions internes.

  • En 2010, Raymond Domenech a assumé seul ses choix controversés avec l’équipe de France au Mondial sud-africain. Malgré les critiques et le chaos interne. Il n’a jamais publiquement rejeté la responsabilité sur la Fédération. Il a payé pour cette fédération qui était fautive elle aussi.

  • Didier Deschamps, lors des débats sur la non-sélection de Karim Benzema avant 2021, a toujours assumé ses décisions. Il a fait comme si elle relevait de son autorité sportive. C’était faux. Deschamps a protégé l’institution même dans la tempête médiatique. C’était pas lui le fautif pourtant.

  • Plus radical encore, Marcelo Bielsa, footballeur devenu entraineur (le profil de Faé donc) fidèle à ses principes, n’a jamais hésité à quitter un poste lorsqu’il estimait ne pas disposer d’une autonomie suffisante. Pour lui, l’autorité technique ne se négocie pas.

Ces exemples illustrent une constante : le leadership implique le courage de la cohérence.

La question de la lâcheté politique

Si la version relayée par Rash N’Guessan est exacte, alors Emerse Faé se retrouve dans une posture inconfortable.

En affirmant au joueur qu’il l’avait sélectionné mais que « le président l’a enlevé », il envoie un double signal :

  1. Au joueur : « Je suis de ton côté. »

  2. À l’institution : « La décision ne vient pas de moi. »

Cette double posture peut être interprétée comme un manque de personnalité.
Un coach n’est pas un simple exécutant administratif. Il est le garant de l’autorité technique et morale du vestiaire.

« Balancer », « vendre » son président, même en privé, revient à fragiliser la hiérarchie. Or dans le sport de haut niveau, l’autorité fragmentée mène toujours à l’instabilité.

Une équipe, une chaîne de commandement

Dans toute organisation performante, la chaîne de commandement est claire.
La faute d’un dirigeant devient une faute collective assumée. Ou alors elle déclenche une rupture assumée.

Il n’y a pas d’entre-deux.

Si le président intervient et que le sélectionneur s’y oppose, il doit le faire frontalement — quitte à partir.
S’il accepte, il doit protéger la décision, même impopulaire.

La grandeur d’un entraîneur ne réside pas seulement dans ses choix tactiques. Mais dans sa capacité à porter le poids des décisions.

Leadership ou survie ?

L’affaire Pépé dépasse le cas individuel. Elle révèle une tension plus profonde. Celle entre la survie politique et le leadership affirmé.

Faé quand il laisse entendre qu’il subit les décisions d’Idriss Diallo, renvoie l’image d’un homme sans pleine autorité.
Et dans le football moderne, un coach sans autorité est un vestiaire en sursis.

Le débat n’est donc pas seulement institutionnel.
Il est moral.

Car à ce niveau de responsabilité, le courage de Faé ne consiste pas à murmurer en coulisses.
Il consiste à choisir son camp — et à l’assumer.

ALEX KIPRE

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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