1er Mars: Alphonse Boni, pionnier de la justice ivoirienne

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Magistrat d’exception, homme d’État et intellectuel engagé, Alphonse Boni a marqué l’histoire judiciaire ivoirienne tout en ouvrant la voie à la criminologie africaine moderne.

Ce premier mars il aurait eu 117 ans. Alphonse Boni naît le 1er mars 1909 à Niamoué, près de Tiassalé, dans une famille de chefferie respectée.

Son père, Tanoh Ehouman, chef de canton, et sa mère Akissidah l’envoient très jeune poursuivre ses études en France.

Il arrive au collège d’Angoulême en 1924, en plein hiver, où il partage les bancs avec François Mitterrand.

Brillant élève, il poursuit ensuite des études supérieures à la Faculté de droit de Toulouse.

Il y découvre l’enseignement du professeur Joseph Magnol, pénaliste rare et passionné de criminologie scientifique.

Cette rencontre intellectuelle orientera durablement sa réflexion vers les questions criminelles et pénitentiaires africaines.

Naturalisé français en 1934, il devient docteur en droit et débute une carrière prometteuse dans la magistrature.

En 1937, il épouse Rose-Marie Galou lors d’une cérémonie discrète, marquée par les préjugés raciaux de l’époque.

Magistrat d’outre-mer, il exerce successivement comme juge, substitut et procureur dans plusieurs territoires africains.

À l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le président Félix Houphouët-Boigny l’appelle pour diriger le ministère de la Justice.

En 1959, il devient garde des Sceaux, puis accède quatre ans plus tard à la présidence de la Cour suprême.

Mais Alphonse Boni ne se contente pas des honneurs et s’engage résolument dans la recherche scientifique criminologique.

Membre actif de la Société internationale de criminologie, il publie plusieurs études majeures sur la criminalité africaine.

Il analyse avec lucidité la délinquance urbaine d’Abidjan et les fractures culturelles fragilisant la jeunesse africaine.

Son œuvre ouvre la voie à une compréhension moderne des phénomènes criminels en Afrique subsaharienne contemporaine.

Profondément marqué par la disparition de son épouse, il demeure néanmoins engagé dans les débats internationaux.

Il meurt à Toulouse le 14 octobre 1989, laissant l’image d’un juriste visionnaire et profondément humain.

Alphonse Boni demeure aujourd’hui une figure fondatrice de la justice ivoirienne et de la criminologie africaine.

ETHAN GNOGBO & AK

photo:dr

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