Benjamin Kouadio aurait eu cinquante neuf ans aujourd’hui 28 février 2026, rappelant son héritage lumineux pour les générations futures.
Né à Bouaké en 1967, Benjamin Kouadio demeure une figure majeure de la bande dessinée ivoirienne contemporaine, engagée et inspirante.
Formé aux Beaux-Arts d’Abidjan, il se spécialise très tôt en illustration et communication visuelle, avec une passion constante affirmée.
Son diplôme portait sur la lutte contre la délinquance juvénile, révélant déjà son engagement social profond au service des jeunes.
Deux ans plus tard, il adapte Soundjata de Djibril Tamsir Niane avec une mention « bien » méritée au diplôme national supérieur.

Depuis 1990, il transmet son savoir comme professeur d’arts plastiques, cultivant créativité et rigueur auprès des élèves ivoiriens motivés.
Parallèlement, il développe des albums humoristiques dénonçant la corruption, l’injustice et le racisme avec finesse dans la société ivoirienne contemporaine.
Son personnage fétiche, John Koutoukou, incarne un miroir critique des travers sociaux quotidiens, avec un humour accessible aux lecteurs africains.

Il crée aussi Petit Débrouyair, enfant débrouillard confiant en Dieu, qu’il appelle « Vieux Père », dans ses aventures quotidiennes joyeuses.
La crise politique ivoirienne freine longtemps ses publications, sans jamais éteindre son imagination créatrice ni sa détermination artistique personnelle.
En 2013, il revient avec quatre albums confirmant sa place dans le neuvième art africain sur la scène éditoriale internationale.
Les Envahisseurs satirise les tensions entre villageois et citadins dans une Côte d’Ivoire changeante aux mutations sociales rapides.
Il reçoit une mention spéciale au concours Africa e Mediterraneo pour Drame familial : l’adoption, en noir et blanc remarquable et poignant.
Engagé dans des collectifs comme Éclats d’Afrique, il partage Pauvreté morale avec une énergie créative au service du public africain.
En 2013, il fonde Les Studios Kbenjamin, dédiés à la création graphique et multimédia pour des entreprises culturelles locales ambitieuses.
Benjamin Kouadio aurait eu cinquante-neuf ans aujourd’hui, 28 février 2026, s’il n’avait pas été rappelé le 30 mai 2019.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

