Présidentielle 2025 : Konan Kouadio Siméon interpelle le Chef de l’Etat sur le risque…

8 mois

Dans une déclaration adressée au chef de l’État, Konan Kouadio Siméon critique le processus électoral en cours, dénonce le rejet de l’opposition.

Et appelle à un sursaut républicain pour éviter une nouvelle crise. Il propose une transition apaisée fondée sur le dialogue, à la manière de Félix Houphouët-Boigny.

Message de Konan Kouadio Siméon au Chef de l’État

« Excellence Monsieur le Président de la République,

Le Conseil Constitutionnel a rendu publique la liste définitive des prétendants à la magistrature suprême.

Cette ultime étape, après les décrets portant convocation du collège électoral et fixation de la période électorale, semble mettre le dernier clou dans le cercueil du dialogue tant appelé par tous pour aplanir les profondes divergences avant les élections.

Ainsi, malgré les menaces évidentes sur le processus — menaces qui, selon vos propres propos, justifieraient votre candidature pour un quatrième mandat contre votre parole d’honneur —, vous avez fait le choix du passage en force vers des élections problématiques, plutôt que celui du dialogue et du consensus, comme humblement conseillé avec insistance.

Dont acte.

Sauf tout le respect que je vous dois, qu’il me soit tout de même permis d’exprimer ma crainte : sur ce coup, votre jugement semble avoir manqué de discernement, au regard des enjeux.

En effet, s’il est avéré — comme vous le soutenez depuis votre position — que le contexte sécuritaire régional est explosif, ce qui est effectivement le cas, l’attitude la plus responsable, à mon humble avis, consiste à veiller scrupuleusement à éviter la moindre étincelle sur l’ensemble du territoire national.

Cette vigilance est du devoir de chaque citoyen, mais en premier lieu du Président de la République, garant de l’unité nationale et de la paix sociale.

Or, il est de notoriété publique qu’une partie importante de nos concitoyens — du peuple donc —, en désaccord total avec le processus électoral, notamment en ce qui concerne le rejet des principaux candidats de l’opposition et la perspective d’un quatrième mandat, ne compte pas rester les bras croisés face à ce qu’elle considère comme une injustice et un déni de démocratie.

Nous faisons donc face à une situation potentiellement explosive.

En ignorant nos alertes et nos propositions de bon sens, et en optant pour la voie de la confrontation — donc de la répression —, vous prenez le risque d’engager le pays dans une énième crise.

C’est pourquoi, jusqu’à ce que les faits me donnent tort, je continue d’en appeler à un sursaut national, pour que les différends soient réglés sous l’arbre à palabres, et non dans la rue.

Ma solution est simple, contenue, et profondément inspirée de la philosophie houphouétienne :

  1. Dialogue national

  2. Report des élections

  3. Mise en place d’une transition républicaine sans rupture de l’ordre constitutionnel

  4. Organisation d’élections plus tard, après avoir soldé tous les contentieux et engagé une vraie réconciliation nationale.

C’est la seule voie capable d’éviter le chaos à notre pays. C’est là que nous finirons par nous retrouver — mais après la bagarre, à un coût humain et moral que nous pouvons épargner.

« …Quand le dialogue n’a pas évité la guerre, un jour, il faudra bien y mettre fin.
Il faudra recourir à des négociations, à du dialogue, mais dans des conditions bien plus dures.
Après la destruction de tant de vies humaines et de biens matériels, une citadelle de méfiance s’installe, difficile à abattre.
C’est pourquoi nous avons préféré, nous, le dialogue, que nous considérons comme l’arme des forts… »

– Félix Houphouët-Boigny

Écoutons le père de la nation. Commençons par là. C’est ainsi que nous préserverons des vies.

Dieu bénisse la Côte d’Ivoire. »

Konan Kouadio Siméon

photo:dr

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