Le secrétaire exécutif du PDCI-RDA, Calice Yapo, voit sa contestation électorale sanctionnée, malgré le soutien massif affiché de son parti.
Le ministère public a requis ce vendredi trois ans de prison avec sursis et 500 000 francs CFA d’amende.
Le procès s’est déroulé au tribunal de première instance d’Abidjan. C’était devant un public attentif et des journalistes de la presse nationale.
Les magistrats reprochent à Calice Yapo d’avoir publiquement remis en cause l’invalidation de l’élection d’un député PDCI. Provoquant un émoi politique.
Le 9 janvier 2026, le Conseil constitutionnel avait annulé la réélection d’Hervé Alliali à Toumodi pour un écart de seulement quinze voix.
Au lendemain, Calice Yapo s’est rendu sur place afin de soutenir Hervé Alliali. Défendant sa légitimité auprès des militants locaux.
Lors d’une réunion, il avait déclaré que la victoire du fils d’Alliali était juste et critiqué ceux contestant ce résultat électoral.
Le parquet a interprété ses propos, diffusés sur les réseaux sociaux comme une tentative de discréditer l’institution constitutionnelle nationale.
Pour Calice Yapo, il ne s’agissait pas d’attaquer le Conseil. Mais de remobiliser les militants pour l’élection partielle prévue le 21 février.
Le PDCI avait mobilisé ses députés, maires et militants afin de montrer un soutien massif à Calice Yapo, mais sans succès concret.
Le tribunal a indiqué que la décision définitive sera rendue dans un mois, précisément le 27 mars, laissant l’attente peser sur tous.
Le procès a ravivé les tensions entre le PDCI et les autorités judiciaires, soulignant la limite du pouvoir politique face aux institutions.
Cette affaire met également en lumière la forte attention politique portée aux décisions judiciaires concernant les élections locales et partielles en Côte d’Ivoire.
L’exemple de Calice Yapo illustre combien la contestation publique des verdicts électoraux peut entraîner des conséquences légales immédiates et sévères.
Le PDCI devra désormais gérer l’impact politique de cette sanction. Et réfléchir à ses stratégies pour protéger ses membres à l’avenir.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

