23 novembre: Camille Alliali, ce qui lui arrive aujourd’hui

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À quatre-vingt-dix-neuf ans, Camille Alliali demeure l’une des dernières voix vivantes des bâtisseurs de la Côte d’Ivoire moderne.

Avocat, diplomate, ministre influent et pilier du PDCI-RDA, il est indissociable de la trajectoire politique du pays. Depuis les premiers combats pré-indépendance jusqu’aux structures institutionnelles contemporaines. En ce 23 novembre, date anniversaire de sa naissance en 1926, le pays lui souhaite une longue vie. Reconnaissant en lui un témoin privilégié de l’histoire nationale.

Un acteur clé avant et après l’indépendance

Bien avant la proclamation de l’indépendance, Camille Alliali occupe déjà une place de choix dans les rouages institutionnels du territoire ivoirien. Conseiller territorial de Dimbokro, député PDCI-RDA, vice-président de la première constituante. Et représentant de la Côte d’Ivoire au Sénat français, il incarne la jeune élite ivoirienne appelée à préparer la transition vers l’autonomie.

Le 22 mars 1961, il devient le tout premier ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France. À peine deux ans plus tard, Félix Houphouët-Boigny l’appelle au gouvernement comme ministre délégué aux Affaires étrangères. Puis Garde des sceaux. Il conservera le portefeuille de la Justice pendant près de dix-huit ans, un record dans l’histoire politique du pays.

L’un des artisans de la stabilité institutionnelle

De 1966 à 1983, en tant que ministre de la Justice, Camille Alliali accompagne la structuration juridique et administrative d’un État encore jeune. Réputé rigoureux, méthodique et fidèle, il participe à renforcer la crédibilité des institutions. En 1983, il est nommé ministre d’État. Poste qu’il occupe jusqu’en 1990, période des mutations profondes dans la vie politique du pays.

Membre du Conseil des Sages du PDCI-RDA durant les années 1980, il demeure l’une des consciences du parti. Témoin d’une époque où Houphouët-Boigny tenait encore d’une main ferme les destinées du pays. Son engagement au sein du PDCI se poursuivra bien au-delà de ses fonctions ministérielles.

Une figure respectée par toutes les générations

Le 13 juin 2024, Tidjane Thiam, nouveau président du PDCI-RDA, s’est rendu à son domicile pour saluer un « pilier du parti ». Ce geste symbolique, salué par l’ensemble de la formation politique, montre à quel point Camille Alliali reste une référence morale et intellectuelle.
Pour Thiam, cette visite était d’abord un acte de reconnaissance, mais aussi une manière de renouer avec la sagesse et les conseils des anciens, garants de la mémoire interne d’un parti plus que septuagénaire.

Malgré son âge avancé, l’ancien ministre a reçu la délégation avec la lucidité et la bienveillance qui le caractérisent. Ses conseils, empreints de retenue et d’expérience, continuent d’éclairer les générations montantes.

Un anniversaire, un héritage

À 99 ans, Camille Alliali appartient désormais au cercle très restreint des grands témoins de la politique ivoirienne. Son parcours, marqué par un engagement constant aux côtés d’Houphouët-Boigny, a façonné une grande partie des fondations institutionnelles actuelles.
Homme discret mais d’une influence déterminante, il symbolise cette génération de pionniers dont la vie se confond avec l’édification de l’État.

En ce jour anniversaire, l’hommage dépasse la personne : il célèbre une mémoire vivante, un héritage politique et républicain, et surtout une longévité exceptionnelle au service de la Côte d’Ivoire.

Camille Alliali fête ses 99 ans, et avec lui, c’est toute une page d’histoire qui continue d’inspirer le présent.

MARIE GNIALET

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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