Le 24 février 2026, il aurait eu soixante-deux ans, si la guerre ne l’avait pas fauché prématurément. Ibrahim Coulibaly, surnommé IB ou Major, demeure une figure controversée de l’histoire militaire ivoirienne contemporaine.
Né en 1964 à Bouaké, il s’engagea dans l’armée en 1985 avant de gravir progressivement les échelons.
Sergent-chef, il fut affecté comme garde du corps auprès de proches d’Alassane Ouattara durant plusieurs années.
Son nom apparaît publiquement lors du coup d’État du 24 décembre 1999 contre Henri Konan Bédié.
Cette opération porta au pouvoir le général Robert Guéï, ouvrant une période d’instabilité politique durable dans le pays.
IB devint alors un symbole pour certains militaires nordistes, mais suscita rapidement méfiances et rivalités internes persistantes.
Soupçonné d’ambitions personnelles, il fut éloigné puis mêlé à plusieurs accusations de complots successifs et tentatives déstabilisatrices.
En 2002, il participa aux prémices de la rébellion contre le président Laurent Gbagbo.
Son parcours croisa celui de Guillaume Soro, relation marquée par tensions, rivalités stratégiques et accusations réciproques durables.
Exils, poursuites judiciaires et condamnation en France jalonnèrent ensuite un itinéraire déjà profondément fracturé politiquement.
En 2011, durant la crise postélectorale, il réapparut à Abidjan à la tête du « commando invisible ».
Ce groupe armé contrôlait notamment Abobo, affrontant les forces restées loyales au président sortant dans un climat violent.
Après la chute de Laurent Gbagbo, IB réclama une reconnaissance politique qu’il n’obtint jamais officiellement.
Refusant de désarmer immédiatement, il entra en confrontation directe avec les forces ralliées au nouveau pouvoir.
Le 27 avril 2011, il fut tué au nord d’Abidjan dans des circonstances controversées.
Des images de son corps mutilé circulèrent rapidement, choquant durablement l’opinion nationale et internationale.
Quinze ans plus tard, son héritage demeure ambivalent, oscillant entre engagement militaire revendiqué et responsabilité dans violences prolongées.
IB laisse l’empreinte d’un acteur déterminant mais contesté des années troubles ivoiriennes récentes.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

