La diffusion d’un document anonyme mettant en cause la gouvernance de l’Archidiocèse d’Abidjan ravive le débat sur l’autorité, la communion et la communication. Cela dans l’Église en Côte d’Ivoire. Nous avons approché le père Francis Barbey, spécialiste en sciences de la communication sociale. Et également auteur d’une trentaine de livres. L’homme décrypte les ressorts profonds d’une crise qui, au-delà des personnes, interroge les structures ecclésiales et la fidélité à l’Évangile.
Père Francis Barbey, la publication récente d’un document anonyme circulant sur les réseaux sociaux, relatif à une supposée crise au sein de l’Archidiocèse d’Abidjan, suscite de vives interrogations.
En votre qualité de spécialiste des sciences de la communication sociale, comment analysez-vous cette situation?
Surtout dans un contexte national où l’on attend de l’Église qu’elle contribue à panser les blessures d’un pays éprouvé par de multiples crises ?
PFB : En effet, ça commence à faire trop, comme vous dites ! Et c’est bien regrettable. Mais à l’analyse, tout ce qui se dit autour de cette lettre anonyme, même les propos les plus contradictoires, vise une seule chose, de mon point de vue : le bien de l’Église. Cependant, le bien de l’Église n’est pas une chose dont on se souvient subitement et qu’il faut défendre armes à la main, parce qu’il y aurait une crise.
C’est un bien à rechercher à tout instant, à tous les niveaux et par la vie de chacun de nous, parce que l’Église est sacrement universel de salut. Il faut comprendre par là que ce qui la constitue et dans lequel elle veut renouveler l’humanité est indépassable. Si l’on a le plus, pourquoi aspirer au moins ?
Vous rappelez volontiers que l’Église possède une dimension à la fois divine et humaine. Comment articuler cette tension lorsqu’émergent des crises internes ?
Sans aucun doute. Le Concile Vatican II, je crois que c’est dans Lumen Gentium, note à ce propos que l’Église, alors qu’elle est sainte, enferme en son propre sein des pécheurs, qui font qu’elle est aussi appelée à se purifier. C’est pourquoi elle doit poursuivre constamment son effort de pénitence et de renouvellement.
Certains avancent que, les prêtres étant des hommes comme les autres, leurs faiblesses expliqueraient ces crises. Cette lecture vous paraît-elle pertinente ?
C’est justement la banalisation des crises qu’il faut éviter. Une crise, quelle que soit notre position vis-à-vis d’elle, parle toujours et apporte des éclairages sur ce qui est en jeu et qui concerne notre sociabilité. C’est dans ce sens que Hannah Arendt appelait à éviter de nous situer face aux crises avec des préjugés. Mais à savoir les analyser, ce qui aide à construire l’avenir.
Sur votre question, on entend en effet ces derniers temps une réponse simpliste : « les prêtres sont aussi des humains », comme pour dire : « circulez, il n’y a rien à voir » dans ce qui se passe.
Certes.
Mais si l’on s’en tient là, on ne dit finalement rien de la crise que symbolise une lettre de 15 pages. On réduit un malaise profond à une évidence psychologique, comme si tout se ramenait à la nature humaine.
Or une telle banalité nous empêche précisément de comprendre ce que cette crise révèle, et ce qu’elle pourrait nous apprendre pour penser ensemble l’Église que nous voulons être. C’est dans ce sens que, personnellement, je suis attentif à son actualité ; sinon, en effet, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
À la lumière des événements récents, peut-on parler d’un phénomène inédit dans l’Église en Côte d’Ivoire ou s’inscrit-il dans une dynamique plus ancienne et plus large, notamment à l’échelle africaine ?
PFB : Notons que ce qui se passe en ce moment n’est pas nouveau, même si toutes les Églises particulières ne sont pas concernées. En Côte d’Ivoire, ces dernières années nous ont un peu habitués à des crises dans plusieurs diocèses. Je dissocie ici les crises médiatisées, comme celle d’aujourd’hui, et les crises silencieuses qui, à l’analyse, ne sont pas moins réelles. Mais cela ne concerne pas seulement notre Église en Côte d’Ivoire : d’autres Églises en Afrique connaissent des dérives similaires. C’est précisément là que l’analyse devient instructive.
En quoi ces situations constituent-elles, selon vous, un révélateur des enjeux propres à la communication sociale au sein de l’institution ecclésiale ?
Ces phénomènes soulèvent de véritables questions de communication sociale car, comme le rappelle le Concile Vatican II dans Gaudium et Spes, l’Église est une « réalité sociale de l’histoire ». Cela permet de noter que, constituée d’hommes et de femmes, elle n’échappe pas aux dynamiques propres à toute communauté humaine : enjeux d’identité, de communication, de représentation et de cognition. Or une communauté ne demeure intelligible que si elle conserve un ensemble de traits qui assurent sa spécificité et sa différence.
La reconnaissance du groupe dépend d’abord de ses propres membres, appelés à affirmer et à promouvoir les éléments qui le distinguent des autres.
Si les chrétiens que nous sommes nous définissons l’Église prioritairement comme le Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit Saint, sacrement universel de salut. et si, à cause de cela, nous pouvons appeler le monde à la paix, à la réconciliation et à la fraternité, on peut légitimement s’étonner de l’ampleur des crises qui la traversent aujourd’hui et qui donnent à penser qu’il est quelquefois plus aisé de donner des leçons d’unité et de réconciliation que d’en vivre.
C’est un phénomène que j’observe avec attention depuis quelques années, dans le sens de ce que l’Église en Afrique peut vraiment apporter aux sociétés africaines dont certaines sont marquées par des crises multiformes.
Quel diagnostic précis portez-vous, au regard des sciences de la communication sociale, sur les dysfonctionnements que cette crise met en lumière au sein de l’institution ecclésiale ?
PFB : La situation actuelle dévoile des acteurs ecclésiaux dont le niveau de communication demeure faible et peu efficace. Contrairement au discours ambiant qui fait croire que se parler en Église est une chose acquise. Une communication véritablement féconde, entendue comme rencontre humaine authentique, production de sens et discernement partagé, se joue toujours entre un « soi » et un « autre ».
Il ne suffit pas d’avoir des choses à dire, d’avoir des grands projets à déployer, et de les exprimer pour que ceux-ci soient reçus comme le fruit d’une communication réussie. Lorsque l’objet de la communication n’est pas signifiant dans le processus de mise en commun, lorsque la relation ne repose pas sur un véritable jeu d’interactions. Ou lorsque le langage ne parvient pas à faire signe dans la réalité sociale, la communication se réduit à une transmission unilatérale d’informations.
Cela éclaire un problème pour ce qui concerne l’Église. C’est que la dynamique entre le sujet émettant, généralement une figure d’autorité, et le sujet interprétant, souvent le prêtre ou le laïc est fragilisé par un processus non abouti.
Le prêtre ou le laïc reçoit des informations qu’il ne sait pas toujours traiter, ou dont il doute.
Pour les travailler efficacement, il devrait pouvoir devenir à son tour sujet émettant : poser des questions, demander des précisions, formuler des réserves.
Ce renversement ferait alors de l’autorité initiale un sujet interprétant. C’est précisément dans ces allers-retours, avec des rôles interchangeables, que se construit une compréhension commune d’une situation donnée. Mais la structure patriarcale de l’Église en Afrique rend difficile cette forme de collaboration. Le prêtre qui reçoit des instructions dispose de très peu d’espace pour les discuter. S’il insiste, il risque d’être discrédité par une accusation redoutée de tous : « il n’est pas obéissant ». Certains l’ont payé cash !
Selon vous, quelles sont les racines historiques, culturelles et ecclésiologiques de cette fragilité communicationnelle observée dans plusieurs Églises en Afrique ?
Elle provient du modèle d’Église pyramidale qui correspond d’ailleurs à l’organisation patriarcale de nombreuses sociétés africaines. C’est la cause majeure des crises de communion observées ici et là. Dans certaines de nos Églises en Afrique, les acteurs ecclésiaux ne se situent pas toujours au même niveau de communication sur les sujets importants.
L’objet même de leur échange ne s’appuie pas sur une perspective évangélique capable d’éclairer la relation dialogale et de conduire à des réponses réellement communes. Aujourd’hui, le terme « synodalité » est omniprésent, mais les faits laissent penser qu’il s’agit davantage d’un mot à la mode que d’une pratique intégrée. En tout cas la succession des crises laisse penser que la communication demeure fragile, voire superficielle. Et que l’incommunication s’amplifie sous l’effet d’un modèle d’autorité davantage culturel qu’évangélique.
Face à des crises récurrentes qui affectent l’image publique de l’Église et exposent son autorité au regard critique des acteurs sociopolitiques, existe-t-il, selon vous, des réponses concrètes et immédiates susceptibles d’enrayer cette dynamique ?
PFB : L’Église dispose de tout l’éclairage nécessaire pour traverser les moments de crise et d’incommunion. Le dominicain Roger Afan a publié un ouvrage sur la question qui est très éclairant. Dans l’histoire, l’Église réglait une crise dès qu’elle acceptait de se parler à elle-même, c’est-à-dire en organisant des Assemblées, des Synodes et autres.
Aujourd’hui, les mêmes démarches sont possibles pour donner la parole et entendre ceux qui estiment que leur dignité baptismale ou sacerdotale est bafouée. Du fait justement qu’on ne les consulte pas ou qu’on ne les écoute pas. Encore faut-il que nos communautés se rattachent à l’Évangile plutôt qu’aux cultures africaines. Dont certains voudraient faire croire qu’elles portent déjà, en elles-mêmes, des valeurs évangéliques.
Sans doute.
Mais la transposition des imaginaires et des usages culturels dans l’Église touche directement à la question de l’exercice de l’autorité.
Cette question, à elle seule, concentre les contradictions d’une Église qui croît en nombre de fidèles et de pasteurs. Mais dont le témoignage de fraternité et de charité, dans les relations hiérarchiques, suscite de légitimes interrogations. Les crises de communion qui en résultent appellent une réflexion sérieuse.
Dès lors, quelles conversions concrètes – spirituelles, pastorales et institutionnelles – conviendrait-il d’engager pour restaurer une authentique communion ecclésiale ?
Nous devons confronter nos fonctions respectives dans l’Église à l’Évangile afin que notre manière d’exercer l’autorité ne s’inspire pas des pratiques païennes. La contribution d’un confrère théologien à la résolution de cette crise rappelait, pour signifier la centralité du rôle de l’évêque dans un diocèse, la citation de saint Ignace d’Antioche selon laquelle « là où est l’évêque, là est l’Église ».
Laissée à elle-même, cette citation devient une évidence trompeuse et pour cela, dangereuse. Parce qu’elle peut conforter dans une illusion de représentation qui permettrait de faire les choses à sa guise, de s’approprier l’Église comme un bien privé. Mais fort heureusement, le confrère nous informe que l’affirmation réalise une première, à savoir que « là où est le Christ, là est l’Église catholique ».
Si c’est la deuxième affirmation qui éclaire la première, cela revient à dire que la première n’a de sens que parce que l’évêque incarne le Christ.
Non pas de façon symbolique, dans la préséance, dans les décisions unilatérales, mais de façon expérientielle et dans l’exercice de la charité. L’évêque est reconnu comme tel à sa vie et à sa gouvernance fondée sur la paternité miséricordieuse de Dieu. On connaît dans les Évangiles le style de Jésus et il est très aisé de déceler dans la vie et le comportement d’une figure d’autorité ecclésiastique qu’elle n’incarne nullement le Christ des Évangiles et de la foi.
L’unité et la communion ne se réalisent pas autour de l’évêque, hors de lui et de sa participation : c’est lui qui fait l’unité et travaille à la communion. Pour paraphraser le pape Benoît XVI, chaque fois qu’une crise traverse l’Église, il faut vérifier la qualité de la foi de ses pasteurs. Une crise est toujours le signe visible que le Christ n’y est pas.
Ou, s’il y est, c’est qu’il est endormi, comme dans la barque. Il faut donc le réveiller !
Une question demeure : la lettre mettant en cause la gouvernance de l’Église d’Abidjan est restée anonyme. Quelle valeur ecclésiale et analytique convient-il d’accorder à un tel document ?
PFB : Il est très aisé de comprendre cela. L’Église en Afrique n’a pas véritablement formé les chrétiens à exercer leur liberté de parole et à l’assumer publiquement. La peur et la superstition sont passées par là ! De ce point de vue, l’Église demeure profondément marquée par les structures culturelles africaines. Dans les sociétés patriarcales, où la figure du père occupe une place centrale, exprimer publiquement un désaccord face à une figure d’autorité demeure mal vu. Ça apporterait malheur ! De manière générale, la famille africaine, parfois très étendue, repose sur un modèle patriarcal.
Pouvez-vous expliciter les ressorts anthropologiques de ce modèle patriarcal et montrer en quoi ils permettent de comprendre le recours à l’anonymat dans un tel contexte ?
PFB : Cette figure du père rappelle celle du pater familias du droit romain, détenteur de la patria potestas, c’est-à-dire de la puissance paternelle sur toute la maisonnée. Dans ce type d’organisation familiale, les relations internes se structurent selon une double logique.
D’une part, l’autorité tutélaire du père s’impose comme la référence ultime du sens de l’existence.
D’autre part, les autres rapports sont régis par le droit d’aînesse ou par une hiérarchie de genre.
Laquelle établit la supériorité des plus âgés sur les plus jeunes et celle des hommes sur les femmes.
Dans plusieurs sociétés locales, ce modèle familial est codifié de manière à apparaître comme hiérarchique, parfois même dominateur. Le « droit » de paternité ou d’aînesse confère à celui qui en bénéficie une forme d’impeccabilité naturelle. Sa parole devient plus audible, sa vision du monde plus crédible que celle d’un cadet.
Dans un tel contexte, peu de chrétiens, et peu de prêtres, seraient capables d’assumer publiquement un document comme celui-là.
Mais que ce qu’il dénonce soit vrai ou non n’est pas ce qui intéresse plusieurs observateurs.
En revanche, le simple fait que cette lettre existe, ce qui indique un malaise, en fait déjà un événement, au sens où Georges Balandier définit ce terme. Son anonymat, plus encore que son contenu, la transforme en une source précieuse. Elle révèle ce qui, en temps ordinaire, demeure invisible, imperceptible à l’œil nu.
À ce titre, elle peut devenir un prétexte, un « analyseur » permettant de dépasser le connu et d’explorer des profondeurs insoupçonnées de savoirs. Tout cela montre à quel point l’incommunion n’est pas un accident. Mais un symptôme structurel qui interroge la manière dont l’Église en Afrique exerce l’autorité, construit la communion et reçoit les appels de l’Évangile.
La référence au droit romain et à la patria potestas conduit-elle à penser que l’exercice de l’autorité ecclésiale en Afrique demeure structurellement conflictuel ?
Malheureusement, c’est un constat qu’on peut faire, même si je me garderais de généraliser l’observation. Prenez tous les conflits, y compris non médiatisés, qui traversent plusieurs Églises en Afrique et dont on pourrait dresser une liste. Vous remarquerez que nous sommes globalement dans des situations où des figures d’autorité s’approprient le droit de redéfinir les critères de la communion.
Oubliant qu’ils sont définis exclusivement par l’Évangile.
Pour parler comme Hans Urs von Balthasar, revenons tout simplement au centre du mystère, où toute autorité est une autorité charitable. Et tout peut redevenir possible, même avec les situations les plus désespérées. Autrement dit, on n’utilise pas l’autorité pour soumettre les autres à ses idées. Je crois que c’est saint Thomas qui rattache à l’obéissance, la pratique de la charité. Le Christ est mort par obéissance au Père, parce qu’il n’a jamais douté de l’amour dont le Père l’aime.
L’autorité n’exige pas l’obéissance.
Elle la suscite par la pratique de la charité. Le prêtre (au sens large) ne jouit pas d’une autorité personnelle, mais pastorale. Comme le rappelle Pastores dabo vobis, « en vertu de leur consécration, les prêtres sont configurés à Jésus le Bon Pasteur. Et sont appelés à imiter et à vivre sa propre charité pastorale ». On peut rattacher à cette exigence ce que les spécialistes en lettres classiques nous apprennent de l’étymologie du terme autorité, qui vient de augere et qui veut dire « augmenter ». Et dont le substantif auctor signifie « auteur », c’est-à-dire celui qui fonde.
Dans l’Église, les communautés ecclésiales ont besoin de figures d’autorité.
Lesquelles les augmentent en humanité et en sainteté, c’est-à-dire qui fondent leur tranquillité, leur sérénité, leur piété. C’est pourquoi dire de quelqu’un qui exerce l’autorité qu’il a de l’autorité, pour dire qu’il sait s’imposer et se faire obéir, est péjoratif !
Car, comme l’explique Charlotte Herfray, l’autoritarisme est le symptôme de ceux qui n’ont pas d’autorité. Y compris dans l’Église. Il ne saurait exister de modèle de gouvernance pastorale qui ne soit le fruit d’une intimité avec le Seigneur. Si les choses ne changent pas, je crains fort que la lettre anonyme que vous évoquez ne soit pas la dernière du genre.
Nombreux sont ceux qui dénoncent précisément cet anonymat. Comment recevoir une telle critique sans éluder la question de fond ?
Cela se comprend !
Moi aussi, je l’ai dénoncé.
On est formé pour nous émouvoir sur ce qui ne nous semble pas correct. Sur ce qui ne s’accommode pas de nos pratiques habituelles, sans nous poser de question sur la vérité et sans la rechercher. Dire qu’une lettre est anonyme ne veut pas dire qu’elle contient des faussetés. Mais je consens aussi à ce qu’une lettre anonyme puisse contenir des faussetés. La recherche de la vérité s’impose donc pour savoir de quoi il s’agit.
Parce que c’est plus commode de s’en prendre à des personnes anonymes que d’interroger ceux qui sont mis en cause sur ce qu’on leur reproche pour dire ce qu’il en est. Tout le problème est là. Mais c’est notre façon d’agir. Quoi qu’il en soit et comme le disait le pape Paul VI, l’Église doit être ouverte à la critique. Surtout si elle vient de ceux qui lui veulent du bien. Elle n’a pas besoin de menacer les voix critiques d’un procès d’inquisition parce que ceux qui sont mis en cause seraient purs et sans péchés.
Ce serait faire preuve de faiblesse.
La critique a une fonction essentielle dans toutes les communautés stables, y compris dans l’Église.
Pas de cet esprit de critique qui trouve toujours matière à médire et que tout exaspère. Mais de l’esprit critique authentique, celui qui, même isolé, empêche quelques-uns de s’approprier et de vouloir incarner la volonté générale. En annonçant et en défendant un faux paradis. On ne peut pas être au service de la communion et la détruire par des pratiques qui alimentent la désunion. Et ne présentent plus l’Église comme une communauté eucharistique.
Chaque pasteur, chaque baptisé doit le comprendre, comme appelé à l’unité et à la communion. Il faut revenir à l’ecclésiologie de communion de Vatican II qui est une prophétie sur le monde en nous réappropriant la grâce baptismale. Tout repose sur une spiritualité incarnée, nourrie à la source de celui qui est un avec le Père dans l’unité du Saint Esprit.
Comme le rappelait le pape Jean-Paul II dans Novo Millennio Ineunte : « ne nous faisons pas d’illusions.
Sans ce cheminement spirituel, les moyens extérieurs de la communion serviraient à bien peu de chose. Ils deviendraient des façades sans âme, des masques de communion plus que ses expressions et ses chemins de croissance ».
Interview réalisée par
ALEX KIPRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

