Trente-quatre ans après les émeutes d’Abidjan et l’arrestation de Laurent Gbagbo, le 18 février demeure une date charnière.
Entre répression, espoir et destin présidentiel, cette journée cristallise les tensions d’une nation en quête de démocratie.
Voilà trente-quatre ans que la Côte d’Ivoire s’est arrêtée sur une date devenue symbole national puissant.
Le 18 février 1992 demeure gravé dans la mémoire politique ivoirienne comme un tournant historique décisif.
Ce jour-là, à Abidjan, une marche organisée par le Front Populaire Ivoirien dégénéra brutalement en émeutes.
Les tensions opposaient l’opposition estudiantine et le FPI au régime du président Félix Houphouët-Boigny vieillissant.
La veille, une loi dite anti-casseurs avait été signée pour contenir les débordements annoncés.
Sous l’autorité du Premier ministre Alassane Ouattara, les forces de l’ordre procédèrent à de nombreuses arrestations.
Environ trois cents personnes furent interpellées, parmi lesquelles Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo et René Dégni-Ségui.
L’arrestation du leader du FPI marqua le paroxysme des tensions sociales du début des années quatre-vingt-dix.
Condamné le 6 mars 1992 à deux ans de prison, il devint symbole de résistance.
Après six mois de détention, le couple Gbagbo fut finalement libéré en août suivant.
Mais le 18 février resta pour beaucoup une blessure ouverte dans la conscience collective nationale.
Laurent Gbagbo lui-même confia plus tard la portée intime et politique de cette journée.
Il déclara : « Ce jour était pour moi un jour de tristesse ».
Il ajouta aussi que c’était « un jour de gloire pour les combattants ».
Selon lui, ce sacrifice représentait le prix nécessaire pour conquérir démocratie et pouvoir d’État.
Il affirma avoir compris ce jour-là qu’il deviendrait Président de la République ivoirienne. Une fois au pouvoir, il aura tenté de tenir tête au monde entier.
Cette conviction transforma l’épreuve carcérale en tremplin vers son destin politique futur.
Le 18 février incarne ainsi douleur, espoir et affirmation d’une ambition présidentielle assumée.
En ce 18 février 2026, la mémoire collective revisite ce moment fondateur sans détour.
Trente-quatre ans après, la date demeure un repère incontournable de l’histoire politique ivoirienne.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
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