3 semaines

Il y a de nouveau des bruits de bottes à la frontière orientale entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

Le 27 janvier 2026, des militaires ivoiriens ont procédé à une incursion dans le village de Nassartinga. Village situé dans la commune rurale de Kampti, province burkinabè de la Poni, au sud-ouest du pays. Il s’agit d’une localité lobi dont l’économie repose essentiellement sur l’agriculture et l’orpaillage.

Les soldats ivoiriens ont hissé le drapeau tricolore pour revendiquer l’appartenance de ce territoire à la Côte d’Ivoire. Le lendemain, après leur départ, les jeunes du village ont remis le drapeau burkinabè à sa place.

C’est un véritable bras de fer dans un contexte d’extrême tension entre les deux pays, qui ne faiblit pas. Les incidents ne cessent de se multiplier. Cinq militaires ivoiriens, accusés d’avoir franchi la frontière après Doropo, dans la région frontalière du Bounkani, ont été arrêtés par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), supplétifs civils de l’armée burkinabè, avant d’être remis aux autorités compétentes.

Des militaires burkinabè et des VDP, pour des accusations similaires, ont également été mis aux arrêts en Côte d’Ivoire, avant un renvoi de l’ascenseur.

Mais le décès, en Côte d’Ivoire, de l’activiste Traoré Alain Christophe, alias Alino Faso, est venu détériorer davantage une atmosphère déjà exécrable entre le président Alassane Ouattara et le capitaine Ibrahim Traoré.

Suspecté d’être un agent de renseignement au service du Burkina Faso, l’influenceur est décédé en détention.

De telles brouilles politico-diplomatiques, notamment celles ayant opposé le général Moussa Traoré au capitaine Thomas Sankara, avaient déjà mis le feu aux poudres entre le Mali et le Burkina Faso en décembre 1985. En revendiquant un territoire frontalier d’environ trente kilomètres, appelé la bande d’Agacher, riche en ressources minières, un affrontement meurtrier avait opposé les deux armées dans ce que l’on a appelé la « guerre des pauvres ».

Ce conflit avait rapidement trouvé une issue favorable grâce à l’intervention de la CEDEAO, organisation à laquelle appartenaient alors le Burkina Faso et le Mali. Tel n’est pas le cas aujourd’hui entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

Ces deux pays voisins sont désormais membres de deux organisations sous-régionales antagonistes. La CEDEAO pour l’une, et l’AES pour l’autre, qui, depuis leur divorce, se regardent en chiens de faïence. Les frontières poreuses et litigieuses en de nombreux endroits deviennent de plus en plus des prétextes pour en découdre. Et tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle se casse.

F. M. Bally

photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

OPINIONS

Yann Diomandé : les faits

Face aux versions contradictoires et aux débats passionnés qui agitent les réseaux sociaux, il devient indispensable de rétablir une chronologie claire et