Le régime militaire burkinabé relance la peine capitale et durcit son code pénal, suscitant de fortes inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains.
La réforme pénale annoncée par les autorités militaires burkinabées rétablit la peine de mort pour plusieurs crimes considérés comme menaçant gravement la sécurité nationale.
Ce projet gouvernemental intervient alors que le pays connaît une forte militarisation du pouvoir, consolidée depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré en 2022.
Selon les responsables officiels, cette réforme vise à répondre aux attentes populaires concernant la justice, jugée trop lente face aux violences actuelles.
Le texte punit également la promotion jugée active de pratiques homosexuelles. Confirmant l’orientation conservatrice adoptée par la junte depuis plusieurs mois.
Les organisations internationales rappellent que le Burkina Faso n’avait plus exécuté de condamnés depuis 1988.
Malgré des décennies d’instabilité sécuritaire.
Amnesty International souligne que seules quatorze nations d’Afrique subsaharienne ont maintenu des condamnations capitales en 2024, malgré une légère baisse régionale.
La junte affirme vouloir restaurer l’autorité de l’État, même si plusieurs ONG dénoncent une dérive autoritaire accompagnée de disparitions forcées inquiétantes.
Le pays, confronté à la montée continue des groupes djihadistes, subit un climat sécuritaire dégradé où les civils se trouvent souvent pris entre plusieurs violences.
La réforme doit encore être validée par l’Assemblée législative de transition, entièrement nommée par les militaires après le dernier coup d’État.
Pour plusieurs défenseurs des droits humains, ce durcissement législatif risque d’accentuer la répression politique déjà très présente sous le régime actuel.
FATEM CAMARA
photo:dr
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