À Divo, un indépendant de trente-trois ans renverse les calculs politiques, imposant l’entrepreneuriat social comme nouvelle grammaire du pouvoir local.
À Divo, les législatives de décembre 2025 ont fissuré les certitudes partisanes, ouvrant un espace inédit à l’audace indépendante.
Alahassane Diakité, trente-trois ans, a stoppé net la razzia annoncée du RHDP dans le Lôh-Djiboua politique.
Élu avec 62,34 pour cent des suffrages, il devance le député sortant et six concurrents aguerris.
Son succès repose moins sur un slogan que sur une implantation patiente, méthodique, profondément enracinée dans les quartiers.
Homme d’affaires reconnu, il forme avec son frère jumeau un binôme économique surnommé les Jumeaux Suprêmes.
Leur ascension commence dans la filière cacao, sans capital initial, mais avec la confiance des producteurs locaux.
Progressivement, ils bâtissent coopératives, réseaux, puis une holding fédérant plus de quatre mille producteurs nationaux.
L’industrialisation suit, avec des usines modernes transformant localement cacao, beurre, pâte, chocolat et café moulu.
À Divo, leur dernière unité industrielle promet mille trois cents emplois directs, bouleversant durablement l’économie locale.
Mais Diakité ne séduit pas seulement par l’industrie, il investit le social avec méthode et constance.
Tournois de maracana, projets entrepreneuriaux, bourses scolaires et autonomisation féminine structurent son ancrage communautaire.
Chaque action répond à une logique simple : donner des outils, pas seulement des promesses électorales.
Chefferies, guides religieux, jeunes et femmes sont associés, intégrés, consultés dans une dynamique participative assumée.
Ce maillage social transforme l’entrepreneur en figure politique crédible, loin des appareils partisans classiques.
Musulman pieux, formé par une éducation rigoureuse, Diakité revendique travail, probité et persévérance comme boussoles.
Refusant l’improvisation, il complète sa formation par un programme avancé de management et leadership stratégique.
À l’Assemblée nationale, il promet des lois favorables à l’emploi, l’entreprise et l’initiative des jeunes.
Son parcours incarne un message puissant : l’économie réelle peut devenir une force politique légitime.
À Divo, l’indépendance n’est plus marginale, elle devient une méthode, un souffle, une alternative crédible durable.
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
