Gohourou: « Simon Adingra aurait dû être du voyage au Maroc »

3 semaines

Dans cet article, Martial Gohourou revient sur l’absence controversée de Simon Adingra à la CAN 2025. Malgré son talent évident et le temps de jeu en club qui est pour lui, un faux débat. 

Le football moderne nous enseigne une vérité que beaucoup refusent encore d’admettre. On peut être un « joker de luxe » en club et devenir le maître à jouer de sa sélection. L’exemple le plus éclatant nous vient du Maroc avec Brahim Díaz. Bien qu’utilisé avec parcimonie au Real Madrid, l’attaquant a illuminé la CAN 2025 de son talent. Terminant meilleur buteur avec cinq réalisations en sept matchs. C’est une preuve irréfutable que la forme compétitive s’entretient aussi au contact des plus grands. Même sans être titulaire chaque week-end.

Au-delà des minutes, le poids du statut

Nous avons toujours défendu l’idée que le temps de jeu ne doit pas être l’unique boussole d’un sélectionneur. Dans la balance, d’autres facteurs pèsent tout aussi lourd : le vécu, l’expérience, le statut international et, surtout, la réussite historique sous le maillot national. C’est précisément ici que le cas de Simon Adingra aurait dû s’imposer comme une évidence.

Avant qu’Emerse Faé ne dévoile sa liste pour la CAN 2025, nous avons martelé que l’ailier de Sunderland devait être du voyage. Malgré un temps de jeu réduit en club, Adingra demeure l’un des meilleurs passeurs des Éléphants ces dernières années. Malheureusement, la passion a pris le pas sur la raison.

Le prix de la témérité

Depuis l’élection à la présidence de la FIF, où nous n’avons pas soutenu l’icône Didier Drogba, nos analyses font l’objet d’une opposition systématique. Ce « délit d’opinion » nous vaut d’être considérés par certains comme l’ennemi public numéro un. Par conséquent, une partie du public ivoirien se positionne, par principe, aux antipodes de nos lectures techniques. Préférant le lynchage numérique à l’analyse factuelle.

En exigeant que le temps de jeu soit l’unique critère de sélection, cette majorité a influencé l’opinion. Et Emerse Faé a finalement tranché en écartant Adingra du tournoi au Maroc.

Un gâchis tactique

Le comble de l’ironie ? Après l’annonce de la liste, les mêmes qui nous combattaient ont retourné leur veste, réclamant tardivement la présence de celui qu’ils jugeaient « indigne » quelques semaines plus tôt.

Si cette opposition systématique n’avait pas pollué le débat, Adingra aurait sans doute été du voyage au Maroc. Son talent aurait pu être l’étincelle nécessaire pour briser le verrou de notre bête noire, l’Égypte, en quart de finale. À l’instar de Brahim Díaz, Adingra est un joueur de tournoi, un homme de grands rendez-vous qui s’entraîne quotidiennement au plus haut niveau.

En se privant d’une telle arme offensive, la Côte d’Ivoire a envoyé ses « para-commandos » au front avec un fusil en moins. Une erreur stratégique qui ne pardonne pas.

MARTIAL GOHOUROU

photo:dr

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