À moins de 48 heures des élections présidentielle et législatives, le gouvernement ougandais a suspendu internet, suscitant craintes et critiques internationales.
Depuis le 13 janvier, l’Ouganda a connu une coupure totale d’internet sur l’ensemble du territoire national sans préavis officiel.
La Commission ougandaise des Communications a demandé aux fournisseurs d’accès de suspendre la connexion. Pour des raisons de sécurité électorale.
Selon les autorités, cette décision vise à limiter la diffusion de fausses informations, la fraude et l’incitation à la violence.
L’ONG Netblocks a confirmé qu’il s’agissait d’une perturbation à l’échelle nationale. Similaire à celle observée pendant la présidentielle de 2021.
Yoweri Museveni, président depuis 40 ans, espère se maintenir au pouvoir à l’issue du scrutin du 15 janvier 2026.
Bobi Wine, son principal opposant et ancien chanteur populaire, dénonce déjà une mascarade électorale. Comparable à celle vécue il y a cinq ans.
Lors du dernier meeting de Museveni, des milliers de partisans vêtus de jaune ont assisté à la clôture de sa campagne à Kampala.
Cependant, on a empêché de nombreux journalistes étrangers accrédités d’entrer. Les forces de sécurité les ont menacés d’arrestation.
Au moins cinq journalistes ont été agressés depuis septembre, selon Reporters sans frontières.
Tandis que Human Rights Watch dénonce la répression contre les ONG.
La NUP, parti de Bobi Wine, a vu environ 400 de ses partisans arrêtés récemment. On tué l’un d’eux en novembre.
Le gouvernement ougandais a également limité l’importation de récepteurs Starlink pour empêcher les citoyens de contourner la coupure d’internet nationale.
Les observateurs craignent que cette interruption reproduise un scénario « à la tanzanienne », où des élections ont été jugées frauduleuses après blocage du réseau.
Le climat électoral est marqué par la peur, la répression et l’intimidation, ce qui fragilise la confiance dans le processus démocratique ougandais.
Les élections du 15 janvier s’annoncent donc sous tension extrême, avec internet coupé et la liberté d’expression fortement restreinte sur l’ensemble du territoire.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
