À l’approche du scrutin présidentiel, les Ougandais redoutent violences, restrictions et un résultat joué d’avance après quarante ans de pouvoir.
La campagne électorale ougandaise se déroule dans un climat de peur généralisée et de profonde méfiance populaire.
De nombreux citoyens doutent du bon déroulement du scrutin et redoutent des violences avant pendant et après le vote.
À Kampala des agressions visant des membres de l’opposition sont régulièrement signalées dans l’espace public urbain.
L’obligation faite aux électeurs de quitter les bureaux après avoir voté inquiète et pourrait accentuer tensions existantes locales.
Beaucoup souhaitent protéger leur bulletin craignant des fraudes mais cette volonté pourrait dégénérer rapidement en chaos incontrôlé.
Les habitants redoutent également une coupure d’internet pratique déjà utilisée pour contrôler l’information électorale nationale.
Le président Yoweri Museveni au pouvoir depuis mille neuf cent quatre-vingt-six vise un septième mandat consécutif.
Les révisions constitutionnelles supprimant limites d’âge et de mandats renforcent sa mainmise durable sur institutions étatiques.
Selon analystes politiques sa réélection semble acquise tant il contrôle sécurité commission électorale et ressources publiques nationales.
Face à lui Bobi Wine incarne l’espoir d’alternance pour une jeunesse marginalisée et massivement mobilisée.
Ancien musicien devenu leader politique il mène campagne sous protection renforcée dénonçant un processus électoral militarisé.
Déjà candidat en deux mille vingt-et-un il avait obtenu trente-cinq pour cent des voix officielles contestées.
D’autres figures de l’opposition sont emprisonnées ou poursuivies réduisant encore les chances d’une alternance pacifique réelle.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
