En ce 30 décembre, Assalé Tiémoko célèbre ses cinquante ans, un cap symbolique pour une vie placée sous le signe de la justice.
Assalé Tiémoko, président de l’ADCI et député sortant, conteste fermement les résultats provisoires des élections législatives du 27 décembre 2025 à Tiassalé. Dans une déclaration officielle, il dénonce une manipulation des procès-verbaux et des chiffres qu’il qualifie d’« imaginaires ». Selon la CEI, le candidat du RHDP, Alpha Sanogo, l’emporte avec 8 557 voix contre 7 489 pour Assalé Tiémoko. Ce dernier rejette ces résultats. Affirmant qu’ils ne correspondent pas aux compilations locales de Tiassalé et Morokro. Il évoque des procès-verbaux inconnus, des bureaux omis et un gonflement injustifié des scores. Refusant même les voix supplémentaires qui lui sont attribuées, il annonce saisir le Conseil constitutionnel. Estimant que l’opinion publique a droit à la vérité.
Formé à l’Université de Cocody, où il obtient une maîtrise en sciences juridiques, administratives et politiques, il choisit très tôt l’engagement public.
Son passage au journalisme d’investigation n’est pas un hasard. Mais la continuité naturelle d’une conscience réfractaire à l’injustice et au silence.
Par ses enquêtes, il expose la corruption, dérange les pouvoirs établis et accepte le prix élevé de la parole libre.
Son arrestation en décembre 2007 marque un tournant décisif.
Transformant l’épreuve carcérale en espace de résistance morale et intellectuelle.
À la MACA, il devient conseiller juridique informel, aidant à la libération de dizaines de détenus injustement incarcérés, avec l’ONUCI.
De cette expérience naît un texte majeur, MACA, le silence des vivants, le cri des morts, écrit depuis la prison même.
Ce témoignage fort sera ensuite publié en 2009 sous forme de livre, Prisonnier en Côte d’Ivoire : j’ai vécu l’enfer de la MACA.
L’ouvrage voit le jour grâce à l’appui décisif de Tiburce Koffi, alors directeur de publication du journal Le Réveil.
Ce soutien éditorial permet à une parole étouffée derrière les murs de devenir un document public, politique et historique.
Le livre contribue à faire évoluer les conditions de détention, notamment la réhabilitation de l’infirmerie et de la morgue de la MACA.
Plus tard, avec SOS Justice Côte d’Ivoire puis le parti ADCI, Assalé Tiémoko poursuit le même combat, cette fois sur le terrain politique.
Sa récente contestation des législatives à Tiassalé s’inscrit dans cette cohérence rare : refuser l’injustice, même quand elle coûte cher.
À cinquante ans, Assalé Tiémoko demeure une voix libre, parfois isolée, mais essentielle au débat démocratique ivoirien.
Que cet anniversaire soit celui de la reconnaissance, de la santé et de la force pour continuer à dire, écrire et résister.
MARIE GNIALET
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
