Portrait. En méforme, Simon Adingra, le héros refait l’expérience de l’ombre

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La méforme actuelle de Simon Adingra s’inscrit dans une phase délicate mais naturelle de la carrière d’un jeune joueur évoluant au plus haut niveau.

En manque de temps de jeu régulier en club ces dernières semaines, l’ailier ivoirien peine à enchaîner les performances qui faisaient sa force récemment.Face à une concurrence de plus en plus relevée à son poste, le sélectionneur Emerse Faé a fait le choix pragmatique de s’appuyer sur des joueurs affichant une forme optimale au moment de la sélection. Une décision sportive assumée, qui ne remet nullement en cause le talent, l’apport passé ni le potentiel futur d’Adingra en sélection nationale.

Cette absence doit être perçue comme une étape de transition, un temps de remise en question et de travail, dans la trajectoire d’un joueur qui a déjà démontré une grande capacité de résilience.
À l’image de son parcours de vie, Simon Adingra sait que les périodes difficiles forgent les retours les plus forts.
Le message est clair : le talent est intact, la confiance demeure, et le retour dépendra simplement du rythme, de la régularité et de la forme retrouvée. Pour un joueur de son caractère, ce n’est qu’un contretemps, jamais une fin.

Rescapé d’une arnaque, travailleur de l’ombre, héros continental, Simon Adingra incarne la force du rêve ivoirien obstiné.

Simon Adingra grandit à Abobo Avocatier, quartier rude d’Abidjan, où le football devient refuge, langage et horizon quotidien.

Très jeune, il joue au quartier, observe les aînés, approche les coachs et nourrit un rêve plus fort que la peur.

Son père préfère les études, cite Drogba comme modèle scolaire, mais Simon sent que le football l’a choisi profondément.

Pour survivre, il lave des voitures, gagne quelques francs, pendant que sa mère vend des serviettes au marché d’Adjamé.

À treize ans, grâce aux sacrifices silencieux de sa sœur, il quitte la Côte d’Ivoire pour un centre imaginaire béninois.

À Porto-Novo puis Cotonou, l’illusion s’effondre brutalement, laissant dix enfants abandonnés dans la faim et l’angoisse.

Sans entraîneur ni protection, ils dorment dans des débarras, mentent aux parents et apprennent trop tôt la survie.

Certains rentrent, d’autres résistent, Simon travaille nuit et jour, lave voitures, fait vaisselle, refuse l’échec.

Un bienfaiteur béninois, Didier Sourou Wilfried, bouleversé, leur offre toit, nourriture et renaissance sportive inattendue collective.

Un centre naît, reconnu officiellement, et Simon change de poste, devient ailier vif, dribbleur, imprévisible.

Formé ensuite entre ABiS Sport, Right to Dream et le Danemark, son talent attire malgré blessures sévères persistantes.

À Nordsjælland, puis Brighton, et plus tard Sunderland, il impose vitesse, audace et efficacité offensive.

En sélection ivoirienne, longtemps sous-estimé, il explose lors de la CAN 2023 à domicile.

Double passeur décisif en finale, meilleur joueur du match, meilleur jeune du tournoi, il marque l’histoire.

Son geste du visage répond aux doutes, car on ne le voit jamais venir, mais il frappe juste.

Simon Adingra demeure aujourd’hui symbole d’espoir, prouvant qu’un rêve protégé par courage survit toujours.

DESIRE THEA

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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