FAÉ PÉNALISE L’ÉQUIPE NATIONALE

1 mois

En écartant Nicolas Pépé, performant et expérimenté, la sélection ivoirienne semble payer le prix d’un malaise ancien, mal assumé, au sommet de sa gouvernance.

« Ne dis pas ce que tu as dit. C’est vrai, mais ça ne se dit pas. »
C’est peut-être ainsi que la Fédération ivoirienne de football aurait pu gérer, avec intelligence et mesure, la sortie de Nicolas Pépé. Au lieu de cela, le dossier s’est transformé en sanction déguisée, dont la première victime n’est pas le joueur, mais bien l’équipe nationale elle-même.

Nicolas Pépé n’est pas un novice en sélection. À seulement 17 ans, alors qu’il évoluait encore à Angers, il a répondu à l’appel de la Côte d’Ivoire, sans calcul, sans attente de validation européenne. Son engagement précoce contredit l’idée d’un joueur opportuniste ou distant vis-à-vis des Éléphants. Depuis, chaque convocation a été honorée avec professionnalisme et, souvent, avec efficacité.

Le cœur du problème réside dans une déclaration jugée dérangeante. Pépé a osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Certains joueurs n’optent pour la sélection ivoirienne qu’après avoir été refusés par des équipes nationales européennes. Une réalité inconfortable, certes, mais largement observable dans le football africain contemporain.

En sanctionnant cette parole, la Fédération et le staff technique ont semblé confondre vérité et insubordination.

Le message envoyé est clair : le problème n’est pas ce qui est dit, mais le fait que cela soit dit publiquement.

Or, un football moderne et ambitieux ne peut progresser en niant ses propres contradictions.

Aujourd’hui titulaire à Villarreal, compétitif dans un championnat exigeant, Nicolas Pépé reste un ailier athlétique, expérimenté et décisif, dont la sélection ivoirienne aurait objectivement besoin. Son absence n’affaiblit pas son statut professionnel ; elle prive plutôt les Éléphants d’une option offensive crédible, éprouvée et complémentaire.

Cette affaire touche également un point sensible : elle met en lumière les défaillances structurelles et les carences de gouvernance du football ivoirien. Le fait que les propos de Pépé puissent indirectement concerner Faé Emerse, lui-même binational, explique peut-être la crispation. Mais une sélection nationale ne peut se construire sur des susceptibilités individuelles.

En définitive, ce choix ressemble moins à une décision sportive qu’à une réponse politique. Et dans ce type de situation, l’histoire montre que ce sont rarement les institutions qui gagnent, mais toujours le football qui perd.

Car à force de confondre discipline et silence, la sélection ivoirienne risque de se pénaliser elle-même.

DESIRE THEA

photo:dr

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