Le 10 décembre 1967, Otis Redding perd la vie dans un crash aérien, bouleversant définitivement l’histoire de la musique soul.
Le 10 décembre 1967, Otis Redding, âgé de 26 ans, est au sommet de sa gloire. Il tourne dans le pays avec son nouveau groupe The Bar-Kays, composé de très jeunes musiciens encore lycéens. Vers midi, ils se rendent à l’aéroport de Cleveland pour embarquer dans un vieux Beechcraft que la star du rhythm and blues s’est offert pour faciliter ses déplacements. Otis s’installe sur le siège du copilote, le trompettiste Ben Cauley, le saxophoniste Phalon Jones, le batteur Carl Cunningham, l’organiste Ronnie Caldwell et l’apprenti batteur Matthew Kelly prennent place à l’arrière. Comme il n’y a plus de place, le bassiste James Alexander se dévoue pour emprunter un vol régulier à destination de Madison, ville de leur prochain engagement.
Otis Redding meurt dans un accident d’avion sur le lac Monona, bouleversant la scène soul américaine.
L’appareil se dirigeait vers Madison lorsque le pilote perdit soudainement le contrôle avant l’impact fatal dans les eaux glacées.
Quatre membres des Bar-Kays, leur valet et le pilote disparaissent également, ne laissant que Ben Cauley comme unique survivant.
La cause de l’accident reste officiellement indéterminée malgré plusieurs enquêtes menées dans les semaines suivant le drame aérien.
Otis Redding naît en 1941 à Dawson et grandit ensuite à Macon, où la musique rythme chaque moment important de son enfance.
Très jeune, il travaille pour aider sa famille et joue de la batterie dans différents groupes locaux de gospel très appréciés.
Sa rencontre avec le guitariste Johnny Jenkins lance véritablement sa carrière en l’intégrant d’abord au groupe des Pinetoppers enthousiastes.
En 1962, il enregistre These Arms of Mine qui révèle une voix puissante, sensible et immédiatement reconnaissable par le public américain.
Le succès s’amplifie ensuite avec That’s What My Heart Needs puis Pain in My Heart, marquant l’ascension d’un chanteur exceptionnellement talentueux.
En 1965, l’artiste entre dans le Top 10 R&B avec Mr. Pitiful, chanson écrite rapidement avec Steve Cropper son arrangeur.
L’album Otis Blue confirme sa reconnaissance, avec Respect, I’ve Been Loving You ou My Girl, devenue reprise emblématique du mouvement.
Otis Redding se distingue aussi dans des titres énergiques.
Notamment Try A Little Tenderness, d’abord boudé puis finalement devenu immense succès.
En 1967, il collabore avec Carla Thomas pour Tramp et Lovey Dovey, renforçant encore son influence grandissante dans la soul.
Il brille au Festival de Monterey puis réalise une tournée européenne qui conduit à son unique album live remarquable.
Le 10 décembre 1967, son avion s’écrase avant Madison, interrompant brutalement une carrière fulgurante et pleine de promesses musicales.
Après sa mort, plusieurs albums posthumes paraissent, dont (Sittin’ On) the Dock of the Bay, enregistré quelques jours seulement auparavant.
La chanson rencontre un immense succès et devient la première œuvre posthume classée numéro un des ventes américaines immédiatement.
De nombreuses compilations paraissent ensuite, contribuant durablement à son héritage, notamment The Otis Redding Story et The Ultimate Otis Redding.
Ses chansons sont souvent reprises et inspirent Aretha Franklin, les Rolling Stones, Johnny Hallyday et d’autres artistes du monde entier.
Sa ville d’enfance, Macon, lui rend hommage en 2002 avec une statue célébrant son influence sur la musique mondiale.
Ses derniers albums importants incluent Dictionary of Soul, King & Queen ainsi que Live in Europe issu de sa tournée remarquable.
Otis Redding reçoit après sa mort plusieurs Grammy Awards dont ceux attribués pour Dock of the Bay en 1969 notamment.
Considéré comme une figure majeure de la soul, il se tient aux côtés de James Brown, Aretha Franklin et Marvin Gaye.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
