Nadiya Sabeh : elle riait pour que les autres puissent tenir

3 jours

Actrice, chroniqueuse, comédienne et épouse d’Ariel Sheney, Nadiya Sabeh s’est éteinte ce 03 décembre 2025, emportée par un cancer du sein.

Jusqu’à son dernier souffle, elle aura choisi de mordre la vie à pleines dents, transformant chaque minute en éclat de rire, chaque douleur en créativité, chaque peur en énergie pour vivre encore, malgré l’échéance qu’elle savait proche.

La Côte d’Ivoire est en deuil. Ce mercredi 03 décembre 2025, Nadiya Sabeh, figure populaire du petit écran, chroniqueuse, humoriste, actrice et comédienne, a tiré sa révérence, laissant derrière elle un vide immense et une empreinte indélébile. Plus qu’une personnalité médiatique, elle était devenue un symbole : celui d’une femme qui, malgré la sentence médicale, s’est battue debout, en riant, en créant, en aimant.

Diagnostiquée un jour qu’elle n’oubliera jamais, Nadiya aurait pu se replier dans le silence, s’effacer doucement, s’éteindre à petit feu. Mais elle a fait tout l’inverse. Elle a décidé de vivre, et pas à moitié : à fond, chaque seconde, chaque souffle, chaque battement de cœur.

Elle mordait la vie, même quand elle mordait la douleur

Consciente de son état, consciente du temps qui lui était compté, Nadiya a transformé sa peur en énergie brute. Elle faisait des vidéos hilarantes, publiait des posts drôles, se lançait dans des danses improvisées qui arrachaient des éclats de rire au public. L’humour était sa manière de dire à la mort : « Tu n’auras pas mon sourire. »

Elle riait pour continuer d’exister.
Riait pour survivre.
Elle riait pour que les autres puissent tenir.

Une artiste jusqu’au bout : les personnages qui l’ont portée

Pour continuer à créer malgré la maladie, Nadiya Sabeh avait intégré la formation artistique dirigée par Fagasse Assandé, un passage qui a marqué un tournant. Depuis ce jour, elle n’avait plus lâché le théâtre, explorant son imaginaire avec une vitalité féroce.

Elle avait donné naissance à des personnages hauts en couleur, entièrement inventés, qui étaient devenus les prolongements de son âme :

  • Larissa Pangor, explosive et imprévisible,

  • Adjoua Pendrai, dont la gouaille faisait hurler de rire les internautes,

  • Grikata Moblou, l’un des favoris du public, sorte de miroir déformant de la société.

À travers eux, elle continuait de vivre, de s’exprimer, de dépasser la maladie. Comme si la scène était devenue un refuge où le cancer n’avait plus aucun pouvoir.

Une militante malgré elle, mais avec passion

Entre deux traitements, deux tournages, deux vidéos, Nadiya prenait aussi le temps d’aider les autres. Elle organisait des rencontres, participait à des campagnes de sensibilisation contre le cancer, apportait son soutien moral et matériel aux malades. Elle répétait à qui voulait l’entendre :
« Le cancer ne doit pas être une honte, ni une prison. »

Son propre combat avait fini par devenir un message universel : celui du courage, de la résilience et de la solidarité.

Une lumière qui ne s’éteindra pas

Même affaiblie, même douloureuse, elle illuminait les plateaux. Son sourire, sa voix douce, son humour presque enfantin, tout cela faisait d’elle un rayon de soleil ambulant. L’émission Sambè-Sabeh, animée lors des dernières vacances scolaires, reste l’un de ses plus beaux legs : un concentré de joie malgré la souffrance.

Aujourd’hui, artistes, fans, proches et anonymes pleurent sa disparition. Mais tous retiennent une chose : Nadiya Sabeh a combattu avec élégance, avec dignité, avec panache.

Elle laisse derrière elle une leçon de vie :
La maladie peut prendre un corps, mais jamais une âme qui choisit d’être lumineuse.

MARIE GNIALET & AK

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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