Les révélations de Charles Blé Goudé sur l’entourage de Laurent Gbagbo secouent violemment la scène politique ivoirienne. Ravivant tensions, rivalités anciennes et interrogations sur la solidité des partis et la qualité de la classe dirigeante.
Depuis quelques semaines, Charles Blé Goudé jette un pavé dans la mare du cénacle politique ivoirien. Il accuse Nady Bamba, l’énigmatique épouse de Laurent Gbagbo, d’influencer fortement ses décisions, et ce depuis bien avant 2010.
Selon lui, elle aurait toujours été la véritable Première dame, une femme de fer pilotant l’entourage, les conseillers et certains ministres du Président, de 2001 jusqu’à aujourd’hui.
Après s’être exprimé longuement sur une chaîne nationale d’actualité, le président du Cojep affirme être prêt à faire d’autres révélations. Notamment sur Guillaume Soro et sur plusieurs acteurs majeurs de la crise ivoirienne de 2010, qui fit au moins 3 000 morts.
En réaction, plusieurs seconds couteaux lui répondent vivement et l’accusent de trahison.
Les jours à venir s’annoncent riches en tensions, d’autant plus que les réseaux sociaux se sont embrasés.
Hanny Tcheley, Demba Traoré, Konaté Navigué, Diaby Lacina et bien d’autres encore interviennent abondamment, chacun selon sa sensibilité politique et sa proximité historique avec les protagonistes.
Conséquence immédiate : le Parti des Peuples Africains du président Laurent Gbagbo apparaît fragilisé. Plusieurs de ses figures et de ses sympathisants semblent déstabilisés par cette vague de révélations et de contre-attaques.
En face, le RHDP d’Alassane Ouattara, fraîchement réélu à la tête de la République, affiche une stabilité assumée, une discipline visible et une communication parfaitement maîtrisée.
Mais au-delà de ce mélodrame aux allures de querelle familiale au sein du camp Gbagbo, se pose une question essentielle : celle de la qualité du personnel politique chargé de diriger l’État et d’assurer la cohésion nationale.
TAMA CESAR
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
