7 novembre: Ouattara, le visage de la Côte d’Ivoire change

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Le 7 novembre 1990, Félix Houphouët-Boigny nommait Alassane Dramane Ouattara Premier ministre. Trente-cinq ans plus tard, cette date continue de diviser les mémoires.


Certains y voient le début d’une modernisation salvatrice ; d’autres, la brèche d’une fracture politique jamais refermée.

Le 7 novembre 1990 n’est pas une date comme les autres dans le calendrier politique ivoirien.
Ce jour-là, le « Vieux », Félix Houphouët-Boigny, confie à Alassane Ouattara, technocrate formé au FMI, les clés du gouvernement.
La Côte d’Ivoire s’enfonce alors dans une crise économique sévère, marquée par la chute du cacao et de la dette publique.


Ouattara arrive comme un remède moderne, un homme de chiffres promis à redresser les comptes et la crédibilité du pays.
Le jeune Premier ministre impose rigueur, réforme, discipline budgétaire, au risque de heurter les habitudes politiques héritées du parti unique.
L’austérité qui s’installe marque la fin d’une époque : celle du miracle ivoirien et de l’État-providence à l’africaine.

Pour beaucoup, 1990 reste le moment fondateur d’une nouvelle conscience politique.
Le multipartisme est réintroduit, les libertés s’élargissent, les oppositions se structurent.
Mais dans le même mouvement, les tensions identitaires, sociales et économiques s’aiguisent.


La figure d’Ouattara, brillante et contestée, cristallise les espoirs autant que les rancunes.


Certains voient en lui l’héritier légitime du pragmatisme houphouëtiste.
D’autres dénoncent l’émergence d’un modèle trop libéral, trop distant des réalités populaires.

Trente-cinq ans plus tard, la symbolique du 7 novembre demeure puissante.
Elle rappelle à quel point l’histoire ivoirienne se nourrit de paradoxes et de recommencements.
Cette nomination fut à la fois une promesse et une épreuve.
Elle a ouvert une ère de mutations profondes : économiques, institutionnelles et identitaires.
Elle a aussi semé les germes de débats qui structurent encore la vie publique actuelle.

Aujourd’hui, selon le camp où l’on se place, cette date incarne la renaissance ou la blessure.
Pour les uns, elle a sauvé la Côte d’Ivoire du naufrage.
Pour les autres, elle l’a crucifiée sur l’autel de la rigueur et des ambitions contrariées.
Mais tous s’accordent sur un point : rien, après ce 7 novembre 1990, n’a jamais été comme avant.

Rappelons-nous : les dates ne sont pas neutres.
Elles condensent les choix, les destins et les cicatrices d’un peuple.
Le 7 novembre 1990 n’est pas seulement un souvenir politique ; c’est une boussole pour comprendre la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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