L’ingénieur Ahoua Don Mello plaide pour une révolution des infrastructures : rails, pistes rurales et transparence dans les marchés publics.
« Les ponts coûtent cher. Le gré à gré n’est jamais une bonne pratique. Il faut absolument rompre avec cette méthode.
Les entreprises doivent être mises en concurrence. Le gré à gré cache souvent des intérêts inavoués que tout le monde connaît bien.
Il n’y a pas que les ponts à réformer. Une deuxième révolution est nécessaire pour transformer durablement nos infrastructures.
Cette révolution concerne le chemin de fer. C’est lui qui transporte les matières premières vers les usines, et les produits finis.
Les pays industrialisés l’ont compris. Pour développer la Côte d’Ivoire et l’Afrique, nous devons adopter ce modèle ferroviaire efficace.
Depuis les Indépendances, aucun nouveau kilomètre de rail n’a été construit. C’est un véritable échec pour notre développement industriel.
Le chemin de fer qui va jusqu’à Kaya existait déjà avant la décolonisation. Aucun autre n’a vu le jour depuis.
Il n’existe qu’un seul tracé. Remarquez que la plupart des usines ont fleuri tout le long de ce chemin historique.
Je peux citer Gonfreville ou Cotivo. Ces exemples prouvent que l’industrie suit naturellement le rail là où il est présent.
Le chemin de l’industrialisation passe inévitablement par le chemin de fer. C’est un choix stratégique, structurant et incontournable pour l’avenir.
La deuxième révolution concerne les pistes rurales. Elles doivent être praticables toute l’année, quelles que soient les conditions climatiques.
Ces pistes fluidifient les échanges entre les villages, les campements agricoles et les villes. C’est un enjeu d’équité territoriale.
Pour lutter contre le terrorisme, il faut une structure de défense commune en Afrique de l’Ouest, bien organisée et proactive.
Cette structure permettra de cogérer les infiltrations djihadistes, trop souvent négligées par les approches nationales isolées et inefficaces.
Une chose admirable chez ces groupes, c’est leur capacité à former leurs membres. Nous devons aussi miser sur la formation. »
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

