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Les Ivoiriens ont l’habitude de dire que « fer coupe fer », pour signifier qu’il y a toujours plus fort que soi. Et sous nos yeux, le fer politique a tranché le fer de la justice.

Koné Oumar Braman, le procureur des procureurs de la République, vient lamentablement de perdre le bras de fer qu’il a voulu engager avec Camille Makosso, dit « Général Makosso ».

Le 26 septembre 2025, il était tout feu tout flamme contre les auteurs de publications en ligne. Et avertissait les acteurs des médias sociaux, dont Makosso.
« La première question concerne un soi-disant pasteur. J’ai dit et je le répète : ce pasteur ou journaliste dont vous parlez, je vous demande de regarder les jours qui suivent ». A prévenu, sûr de lui, le procureur des procureurs.

Mais depuis lors, cette promesse a pris l’allure d’une rodomontade. Le pasteur, devenu influenceur et cyber-activiste pro-RHDP, n’a ni reçu de convocation. Ni été arrêté — selon leurs méthodes — par des agents cagoulés.

Il est libre et nargue ses pourfendeurs.

En effet, Makosso a aussitôt balayé la mise en garde du magistrat dans un post intitulé. « Toujours prêt et concentré pour la bataille. » Implicitement, il n’a pas manqué de le ranger, avec son attaque, dans le camp des « déstabilisateurs ». Et des « opposants » au régime, dont il ferait le jeu.

Et Makosso a fait mouche. Il est apparu, ce jeudi 2 octobre 2025, en grande pompe, aux côtés des responsables du parti présidentiel. C’était pour l’investiture de la direction de campagne du président Alassane Ouattara — assuré de son impunité (photo d’illustration).

Avec cette claque, Koné Oumar Braman fait profil bas. Mais pour reprendre du poil de la bête, il s’est remis à traquer et casser de l’opposant sans paratonnerre, à la tête d’une justice manifestement aux ordres.

Le député Blessy Jean-Chrysostome, avocat du président Tidjane Thiam et du PDCI-RDA, vient d’en faire les frais. Il a été interdit de sortie du territoire ivoirien. Sans l’ouverture d’une procédure. Sans information de poursuite.
C’est le règne de l’arbitraire.

F. M. Bally

photo:dr

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