Koné Oumar Braman, le procureur des procureurs de la République, a prévenu que le temps était venu de passer à la vitesse supérieure.
Et la justice a décidé d’appuyer sur le champignon.
Au milieu d’une kyrielle d’accusations, il est reproché à Mme Lorougnon Marie-Odette, vice-présidente du PPA-CI, le « non-respect d’une décision de justice ».
La justice ivoirienne ne la poursuit pas pour avoir discrédité ou jeté l’opprobre sur un magistrat. Elle l’incrimine parce qu’elle a exprimé publiquement son désaccord avec une décision de justice.
Ainsi, aux yeux de notre pouvoir judiciaire, les justiciables qui interjettent appel. Ou saisissent la Cour de cassation sont désormais passibles de poursuites.
Par ces actes, ils dénoncent des décisions de justice.
À la vérité, notre démocratie, pour intimider, museler et terroriser les opposants, est en pleine dérive.
Se couvrant de ridicule, elle prend le chemin d’une démocratie bananière.
Dans une démocratie digne de ce nom — comme la France, où Nicolas Sarkozy s’est montré furieux contre sa condamnation — la liberté d’expression, garantie par la Loi fondamentale, permet de critiquer une décision de justice ou du Conseil constitutionnel.
Et ce n’est nullement une atteinte à l’État de droit.
Le plus inquiétant, c’est que ces pratiques deviennent peu à peu la norme. Dans un silence assourdissant des institutions censées garantir les libertés.
Ni le Conseil constitutionnel, ni l’Ordre des avocats, ni les grandes figures de la magistrature ne dénoncent ces abus de pouvoir flagrants.
Face à cette justice sélective et orientée, les citoyens perdent confiance, l’opposition se radicalise. Et l’État de droit s’effondre à petits pas.
Le droit n’est plus un bouclier. Mais une épée brandie contre les adversaires politiques.
F. M. Bally
photo:dr
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