À 11 ans, elle devenait mère en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, 58 ans plus tard, le souvenir soulève encore des questions essentielles.
Le 27 septembre 1967, Amelan Koffi accouche d’un garçon de 1,850 kg. Elle n’a alors que 11 ans.
Originaire d’Aguibo-Assah, un village situé à 25 km de Bouaké, la jeune fille vit dans un contexte rural et précaire.
Le père de l’enfant, Koffi Kouakou, est agriculteur.
Aucun détail supplémentaire n’a été officiellement rapporté sur leur relation exacte.
Dix jours plus tôt, au Mexique, Hortensia Gomez Juan accouche à 10 ans. Elle travaillait comme bonne chez un voisin adulte.
La police arrête ce dernier, auteur du viol. À cette époque, on dénonce peu les cas de maternité précoce qu’on ignore souvent.
58 ans plus tard, ces deux histoires soulèvent une même interrogation : que fait-on pour protéger les filles vulnérables ?
La grossesse d’une enfant n’est jamais un accident banal. Elle est presque toujours le résultat d’un viol ou d’un abus.
Dans de nombreux villages, les traditions, la pauvreté et le silence favorisent encore ces tragédies invisibles et évitables.
Trop souvent, les filles portent seules la honte, le traumatisme, et l’enfant d’un acte qu’elles n’ont pas consenti.
La société blâme, la justice tarde, et le cycle de violence se répète, génération après génération, dans l’indifférence générale.
Ces histoires ne doivent pas devenir des anecdotes oubliées. Elles doivent réveiller nos consciences, interpeller nos institutions, mobiliser nos efforts collectifs.
Chaque 27 septembre, nous devrions nous souvenir d’Amelan Koffi. Pas pour choquer, mais pour agir enfin contre la violence faite aux filles.
Car derrière chaque statistique, il y a une vie brisée, une enfance volée, et un combat que nous avons trop longtemps négligé.
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

