Rentrée scolaire: la maternité vide les salles de classe

10 mois

À Bangolo, le préfet tire la sonnette d’alarme. Une vague de grossesses parmi les enseignantes menace la rentrée scolaire. Le prolongement légal du congé de maternité, bien qu’avantageux pour les femmes, pose de sérieux défis au fonctionnement des écoles.

Le préfet de Bangolo, Boka Kouassi Vincent, s’est dit préoccupé par la situation inédite dans les établissements scolaires de son département.

Lors de la réunion de rentrée, il a révélé qu’une part importante du personnel enseignant féminin attendait un enfant cette année.

« Plus des trois quarts de nos institutrices sont enceintes », a-t-il déclaré devant les acteurs de l’éducation, visiblement désemparé.

Cette réalité provoque une avalanche de congés maternité et de paternité, créant un déséquilibre sévère dans la gestion pédagogique.

Le vide dans les salles devient criant, alors que l’année scolaire 2025-2026 vient à peine de démarrer dans la région.

Le préfet précise que la loi autorise ces congés, mais leur concentration massive cette année complique fortement l’organisation scolaire.

Depuis mars 2025, la durée du congé de maternité dans la fonction publique est passée de trois à six mois.

La réforme accorde huit semaines avant l’accouchement, seize semaines après, pour mieux protéger la santé des femmes fonctionnaires.

Les enseignants masculins ne sont pas en reste : trente jours de congé leur sont octroyés à la naissance d’un enfant.

Résultat : couples enseignants en arrêt simultané, écoles sous-dotées, élèves dispersés, et encadrements pédagogiques parfois désorganisés dans plusieurs établissements.

L’administration locale demande des mesures d’ajustement urgentes pour éviter un effondrement silencieux de la qualité de l’enseignement à Bangolo.

La situation relance aussi le débat sur l’équilibre entre droits sociaux et exigences de service public dans l’administration ivoirienne.

Face à cette vague inattendue de maternités, le préfet invite les autorités éducatives à trouver des solutions pour pallier les absences.

FATEM CAMARA

photo:dr

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