Muganga: Dr Mukwege, Isaach De Bankolé, Angelina Jolie, Me Gims… au secours des femmes violées

8 mois

Inspiré de la vie du docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, Muganga dénonce avec sobriété les violences sexuelles faites aux femmes en République démocratique du Congo.

angelina Jolie
ANGELINA JOLIE ET ISAAC DE BANKOLE

Ce film de fiction signé Marie-Hélène Roux, soutenu par Angelina Jolie, s’impose comme un cri de résistance, au croisement de l’engagement humanitaire, de la tragédie politique et de l’acte artistique.

Muganga raconte une histoire vraie. Celle du docteur Denis Mukwege, gynécologue congolais qui soigne des femmes victimes de viols.
Il exerce à l’hôpital de Panzi, dans l’Est de la République démocratique du Congo, région minée par la guerre et le coltan.
Ce minerai stratégique, présent dans nos téléphones et ordinateurs, est au cœur d’un conflit aux conséquences humaines désastreuses et invisibles.
Dans ce contexte, le viol est devenu une arme de guerre. Invisible, gratuite, dévastatrice. Il brise les femmes, les villages, la société entière.

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Le docteur Mukwege l’a compris très tôt. Il soigne, répare, redonne dignité à celles qu’on avait réduites au silence absolu.
Son engagement lui a valu de multiples menaces de mort, un statut d’ennemi des puissants, mais aussi le prix Nobel de la paix.
Muganga n’est pas un documentaire. C’est une fiction inspirée d’un moment clé : sa rencontre avec le chirurgien belge Guy Cadière.
Un choix assumé par la réalisatrice Marie-Hélène Roux, qui voulait incarner ce combat sans en faire un film strictement biographique.
Elle éclaire le courage, la solidarité et la résistance de ces femmes.

Non comme victimes, mais comme actrices de leur propre guérison.


Le film montre leurs rires, leurs entraides, leur humanité intacte malgré les horreurs, leur dignité conservée malgré les violences.
Les images sont dures, parfois insoutenables. Mais elles reflètent une réalité que le silence et l’indifférence ne peuvent plus cacher.
La guerre à l’Est du Congo tue, viole, déporte. Elle vise à terroriser les populations pour mieux exploiter les ressources naturelles.
Selon Mukwege, ce n’est pas un chaos spontané. C’est une stratégie cynique, organisée, qui enrichit quelques-uns et détruit des millions d’autres.
Le film a mis dix ans à voir le jour. Il est aujourd’hui porté par Angelina Jolie, engagée comme coproductrice du projet.
Sa force vient aussi de son casting : Isaach de Bankolé incarne Mukwege, Vincent Macaigne interprète Guy Cadière avec sincérité.


La réalisatrice, née au Gabon, espère que Muganga provoquera un sursaut. Pas un miracle, mais une prise de conscience collective.
Elle rappelle que le cinéma peut ouvrir un espace d’écoute, de regard, de pensée, même sur les tragédies qu’on préfère ignorer.
« Mukwege m’a dit : j’ai toutes les médailles. Ce qu’il faut maintenant, c’est que les choses changent », confie-t-elle.
Le film a déjà reçu trois prix à Angoulême, dont celui du public. Il sort en salles ce mercredi 24 septembre 2025.

HARON LESLIE

photos: dr

POUVOIRS MAGAZINE

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