23 septembre : le jour où l’agriculture ivoirienne prit un visage: Sawadogo, un ministre venu du futur

6 mois
  1. L’Afrique cherche à consolider ses indépendances. À Abidjan, un président bâtisseur regarde plus loin que les slogans. Il pose des actes, pas des mots.

Félix Houphouët-Boigny prend une décision rare, audacieuse, visionnaire.
Il appelle un ingénieur. Un homme du terrain.
Pas un professionnel de la parole, mais un artisan du réel.

Abdoulaye Sawadogo.
35 ans. Formé à Montpellier.
Technicien rigoureux. Agronome de métier. Enraciné dans la terre, dans les chiffres, dans le projet national.

Le 23 septembre 1968, il devient ministre délégué à l’Agriculture.
Une nomination de fond.
Un symbole fort.
Un tournant discret mais décisif.

Burkinabè d’origine, Ivoirien par le cœur, par l’engagement, par la mission.
Il appartient à cette génération formée dans l’école de la République.
Choisie pour servir, pas pour briller.

Son ambition est claire :
Faire de l’agriculture la colonne vertébrale du développement ivoirien.


Pas un slogan, un programme.

Il restructure les filières, défend la production vivrière et  industrialise l’agriculture sans l’arracher à ses racines.

Le riz, d’abord.
Objectif : autosuffisance.
1975. C’est fait.
La Côte d’Ivoire produit pour elle-même — et même un peu plus.

Le cacao, le café, l’hévéa, le palmier à huile…
Il en soutient l’expansion avec méthode, avec vision.

Il modernise les outils.
Professionnalise les hommes.
Numérise l’administration avant l’heure.
Et transforme le ministère en un véritable moteur économique.

Pendant près d’une décennie, il travaille.
Silencieusement. Efficacement.
Toujours à l’écoute. Jamais dans l’ostentation.

Il publie une thèse — en pleine fonction ministérielle.
“Le développement de l’agriculture ivoirienne” : une œuvre de référence.
En 1977, il en tire un livre remarquable :
“L’Agriculture en Côte d’Ivoire”, publié aux Presses Universitaires de France.

Une plume claire. Un regard structuré.


Un homme d’État qui écrit ce qu’il fait — et qui fait ce qu’il écrit.

Son action est saluée par les experts, les praticiens, les partenaires au développement.
Mais lui reste dans l’ombre. Par choix.
Parce que le service passe avant l’image.

Lorsque son mandat prend fin en 1977, il quitte le ministère, mais pas le terrain.
Il devient enseignant, consultant, chercheur.
Il siège à la FAO, à la BAD, dans les universités.
Toujours avec la même conviction :
L’Afrique ne sera souveraine que si elle se nourrit elle-même.

57 ans après sa nomination, l’empreinte d’Abdoulaye Sawadogo demeure.
Dans les politiques agricoles, les chiffres de la croissance, les mémoires des techniciens.
Et dans le respect silencieux de ceux qui savent ce qu’il a fait.

Un nom peu connu du grand public.
Mais incontournable pour ceux qui regardent l’histoire d’en bas.
Celles des champs, des coopératives, des régions, des villages.

Abdoulaye Sawadogo.
Pas un nom de façade.
Un nom de fondation.
Un nom qui mérite d’être retenu, honoré, transmis.

JM AHOUSSY & AK

photo:dr

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