20 septembre: le mur de l’ambassade d’Allemagne puis le Gabon.

7 mois

Il y a 23 ans, la Côte d’Ivoire entrait dans une crise profonde. Ce jour-là, entre rébellion armée et fuite précipitée, le pays basculait dans l’inconnu. Une date lourde de sens et de silences persistants.

Le 20 septembre 2002, à Cocody, une scène insolite se déroule dans une villa paisible bordant la lagune Ébrié.

Alassane Ouattara et son épouse franchissent un mur, celui séparant leur maison de l’ambassade allemande.

Leur résidence, peu avant, a été envahie. Pillée, mise à sac, livrée au chaos, comme bien d’autres dans cette nuit trouble.

Craignant pour leur sécurité, le couple se réfugie auprès des diplomates allemands, trouvant abri dans une enclave de neutralité.

Deux mois plus tard, Ouattara quitte le pays. Le Gabon sera une escale. La France, son refuge politique prolongé.

Ce départ précipité suit une tentative de putsch militaire déclenchée la veille, dans plusieurs villes stratégiques du pays.

Abidjan, Bouaké, Korhogo : les tirs résonnent simultanément. Des militaires rebelles veulent faire tomber le régime en place.

Parmi eux, le nom de Zakaria Koné circule. Il affirme que sa cause se confond avec la figure d’Ouattara.

Celui-ci niera tout lien avec la rébellion. Certaines proximités politiques alimentent la rumeur et le doute dans les esprits.

Guillaume Soro, très actif dans ces événements, endosse d’abord la responsabilité morale. Mais avec le temps, il s’en distancie publiquement.

Aujourd’hui en exil, il récuse toute implication directe. L’histoire est mouvante. Les vérités aussi. La mémoire politique se montre sélective.

Chaque nation possède ses dates énigmatiques. Le 20 septembre 2002 en est une pour la Côte d’Ivoire. Une fracture historique.

À la fois évidente et insaisissable, cette date concentre toutes les ambiguïtés du jeu politique ivoirien de l’époque.

Les alliances tacites, les engagements officieux et les silences orchestrés dessinent une mosaïque de récits aux contours fluctuants.

Pourquoi cette nuit-là, certains ont-ils tout risqué ? Pour qui ? Pourquoi tant de zones d’ombre persistent après deux décennies ?

Le 20 septembre n’est pas qu’un souvenir militaire : il est un miroir tendu à la classe politique, aux générations futures.

Il invite à interroger la loyauté, la vérité, la responsabilité dans l’action politique, surtout lorsqu’elle se joue dans le sang.

Et si cette nuit symbolisait moins une rupture qu’un révélateur ? Celui d’une nation en quête d’unité jamais pleinement atteinte.

Car les vraies questions restent sans réponse. Et tant qu’elles le resteront, le 20 septembre ne cessera de hanter la mémoire collective.

FATEM CAMARA

photo:dr

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