Site icon Pouvoirs-Magazine

Gbagbo : « on n’exclut pas tout un peuple »

Face à une présidentielle jugée verrouillée, Laurent Gbagbo choisit la résistance démocratique et rejette tout soutien aux candidats validés.

L’ex-président Laurent Gbagbo a déclaré, ce jeudi à Abidjan, qu’il ne soutiendra aucun des candidats validés par le Conseil.

« Je n’ai jamais été partie prenante d’un quelconque plan visant à soutenir un candidat qu’autorise la Cour constitutionnelle. »

Ces propos, c’est Maitre Habiba Touré, sa porte-parole, qui les a lus lors d’une déclaration publique au siège du parti.

Gbagbo affirme avoir consulté plusieurs leaders politiques évincés, afin d’évaluer les possibilités de riposte à l’exclusion électorale.

Deux choix ont émergé de ces échanges : soit soutenir un candidat retenu, soit s’organiser pour une résistance démocratique concertée.

Mais selon lui, aucun consensus n’a été trouvé pour rallier un candidat autorisé à se présenter à l’élection présidentielle.

Les figures retenues par la Cour ne représentent pas les principaux partis, ni l’expression populaire authentique, selon l’ancien président.

Il dénonce une décision politique, pas juridique, qui vise à éliminer les adversaires sérieux d’un scrutin déjà biaisé par le pouvoir.

Gbagbo choisit donc la seconde voie : une lutte démocratique pacifique, contre ce qu’il qualifie de verrouillage institutionnel du régime.

Pour lui, l’exclusion de 55 candidatures est une grave entorse au droit du peuple à choisir librement ses dirigeants. C’est l’exclusion d’un peuple.

Il parle d’une « confiscation de la démocratie » organisée par ceux qui ont peur d’un véritable scrutin pluraliste et compétitif.

Le souvenir de la crise de 2010-2011, avec son cortège de morts, doit servir d’avertissement à ceux qui manipulent les urnes.

Gbagbo appelle Ouattara à rompre avec la logique du pouvoir à tout prix, et à restaurer la confiance entre les Ivoiriens.

Il demande au président sortant de léguer une Côte d’Ivoire pacifiée, démocratique et réconciliée avant de quitter le pouvoir.

« Gouverner, ce n’est pas s’éterniser au pouvoir, mais respecter la Constitution et préparer la paix pour les générations futures. »

Laurent Gbagbo exhorte les Ivoiriens à rester unis, mobilisés et lucides, car la démocratie se défend avant qu’elle ne disparaisse.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

Quitter la version mobile