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Après des mois d’errance et d’illégalité sur le sol libyen, 130 migrants ivoiriens sont enfin de retour. L’opération, coordonnée par l’État ivoirien et ses partenaires, marque une étape cruciale vers leur réinsertion.

Mais elle soulève aussi des questions profondes sur les causes et les suites des migrations irrégulières.

Le mardi 9 septembre 2025, cent trente migrants ivoiriens en situation irrégulière ont été rapatriés par vol spécial depuis la Libye.

C’est à 17h30, à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, que leurs visages épuisés ont foulé le tarmac ivoirien.

Le groupe était composé de vingt-cinq femmes, vingt-sept mineurs et soixante-dix-huit hommes, selon les autorités ivoiriennes mobilisées sur place.

Ce rapatriement constitue la première vague sur les cent-soixante-dix personnes initialement prévues pour un retour encadré.

Gaoussou Karamoko, directeur des Ivoiriens de l’extérieur, représentait officiellement le ministre délégué à l’Intégration africaine, Dosso Adama.

Dans une brève déclaration, il a salué les efforts conjoints de l’ambassade ivoirienne en Tunisie et de l’OIM.

L’Organisation internationale pour les migrations joue un rôle pivot dans la logistique, l’accompagnement et l’assistance post-arrivée des migrants.

Un processus minutieux d’identification a été mené pour distinguer les vrais Ivoiriens des autres ressortissants d’Afrique subsaharienne.

« De nombreux migrants se réclament ivoiriens, donc nos ambassades doivent vérifier minutieusement chaque cas », a précisé M. Karamoko sur place.

Un protocole structuré a été activé, incluant accueil, profilage individuel et plan de réintégration socio-économique pour chaque rapatrié.

Ce dispositif regroupe quatorze structures étatiques partenaires, coordonnées avec l’OIM pour garantir un suivi efficace et digne.

L’objectif central est de leur éviter un nouveau départ clandestin vers des territoires où règnent exploitation, violence et incertitude.

Selon les responsables, l’État considère chaque citoyen, même exilé, comme un enfant à protéger, encadrer et aider à reconstruire.

« Ces migrants ont exprimé leur volonté de revenir. L’État a répondu présent, fidèle à sa mission protectrice », a-t-il assuré.

Derrière les sourires discrets, les rapatriés portent les stigmates invisibles des prisons libyennes et des réseaux clandestins dévastateurs.

Chaque retour est une victoire, mais aussi un signal d’alarme sur les racines profondes de la migration irrégulière en Afrique.

Sans perspectives solides, accompagnement local et sensibilisation, ces départs continueront, malgré les dangers désormais bien connus.

Les défis sont immenses : il faudra former, insérer, soutenir ces jeunes pour qu’ils deviennent acteurs de leur avenir ici.

FATEM CAMARA (stagiaire)

photo:dr

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