À Bouaflé, lors de la deuxième édition du Sama Festival, la danse Zaouli a transcendé la simple expression artistique pour s’imposer comme un emblème de l’identité gouro.
Vecteur puissant de cohésion sociale et de rayonnement culturel.
Plus qu’un spectacle, elle incarne un héritage ancestral, une célébration de la femme et un pont entre les peuples. Inscrivant la tradition ivoirienne au cœur d’un dialogue mondial de paix et d’intégration.
La scène du complexe HKB de Bouaflé s’est embrasée le 12 septembre dernier au rythme envoûtant du Zaouli. C’était lors de la deuxième édition du Sama Festival. Porté par le thème profond et rassembleur, « Le Sama Festival, facteur de paix et d’intégration culturelle des peuples du district », cet événement a offert une tribune vibrante à une danse. Celle-ci dépasse largement la simple performance scénique.
Koffi Amani, président de la commission culture du conseil régional de la Marahoué et commissaire général du Festival international du Zaouli (FEIZA), s’ouvre. Le Zaouli, selon lui est l’aboutissement d’une symbiose culturelle née dans les années 1950 à Zrabi Séhifla. Fusion délicate des danses traditionnelles Djela et Blou. Son nom originel « Djela Lou Zaouli », signifiant « Zaouli, la fille de Djela », en témoigne.
Cette danse ne saurait être dissociée de l’âme profonde du peuple gouro.
Le Zaouli, parcours d’exception, est né d’une audace jeune. En 1957, des adolescents de Tibéita, âgés de 17 à 19 ans, en ont fait le cœur battant de leur village. Rapidement, ce souffle artistique franchit les frontières ivoiriennes. En 1963, il conquiert les États-Unis. Parcourant avec éclat les cinquante-deux États durant une année entière. Son prestige culmine en 2017 lorsqu’il est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Cela par un vote unanime – un triomphe historique saluant son universalité.
Mais le Zaouli est plus qu’une danse : c’est un langage, un miroir de l’identité gouro, un vecteur d’harmonie sociale. Artisanat, sculpture, tissage, musique et chants s’y mêlent, porteurs de messages essentiels. Koffi Amani désigne le masque et la danse comme « l’or et le diamant » du district autonome du Sassandra-Marahoué, unique bastion où cette tradition éclot et s’épanouit encore.
Le Zaouli célèbre aussi la femme, exalte sa beauté et sa bonté. Faisant d’elle un sujet central de cette tradition vivante.
En outre, il ouvre des voies économiques pour ses praticiens, consolidant ainsi sa place dans la modernité. Le commissaire général invite à une reconnaissance sérieuse et un soutien durable à ceux qui perpétuent cette richesse immatérielle, évoquant avec émotion la mémoire de

Charles Koffi Diby, ardent défenseur du Zaouli à l’UNESCO.
Ainsi, en donnant à voir et à entendre ce joyau culturel mondialement reconnu, le Sama Festival se fait l’ambassadeur d’une Côte d’Ivoire fière de son héritage, engagée à faire du patrimoine un levier de paix, de dialogue et d’unité entre ses peuples.
haron leslie
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

