Contrairement aux élections législatives ou municipales, la présidentielle ne se joue pas à plusieurs. Elle incarne une ambition personnelle, exclusive, entre un homme (ou une femme) et la nation.
Ce caractère individuel explique l’absence de plan B chez les grandes figures politiques ivoiriennes. Retour sur cette réalité politique, souvent incomprise.
La présidentielle est un rendez-vous individuel. Entre un homme ou une femme, et son peuple. Ce n’est pas — et cela n’a jamais été — une rencontre collective. C’est pourquoi personne, ni Gbagbo, ni Thiam, ni Affi, n’admet l’idée d’un plan B. Parce que cette élection n’est pas populaire au sens de « participative » : elle ne se construit pas à plusieurs.
Les législatives ou les municipales, qui ont d’ailleurs admis des listes, sont des élections collectives. Mais pas la présidentielle.
Félix Houphouët-Boigny est mort au pouvoir ; il avait écarté tout le monde : Mockey, Boka, etc. Et pas seulement des prétendants directs, mais aussi ceux qui avaient simplement le profil.
Gbagbo n’a jamais été dans le partage. Ouattara restera au pouvoir jusqu’à la fin — jusqu’à sa fin, ici-bas. C’est ainsi.
On peut alors comprendre Simone Gbagbo, qui se réjouit de son statut particulier : elle est la seule de la gauche à être admise parmi les prétendants. Elle se félicite que son mari ait été débouté, et salue le travail de la CEI.
De toute façon, Gbagbo comme Don Mello auraient été contents d’être retenus, en dépit de l’attente collective. Mais cette attente ne pèse pas dans une présidentielle. C’est un face-à-face entre un individu et l’histoire.
FATEM CAMARA (stagiaire)
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

