Entre flambée des prix, stagnation des revenus et marchés bloqués, la propriété immobilière n’est plus un droit mais un luxe.
Des métropoles occidentales aux capitales africaines, les jeunes générations sont exclues d’un modèle qu’on leur avait pourtant promis. En 2025, certains pays affichent un ratio prix de l’immobilier/revenu au-delà du supportable. Décryptage d’une crise silencieuse mais planétaire.
Le ratio prix de l’immobilier sur revenu mesure l’accessibilité au logement pour un ménage moyen dans chaque pays.
Il compare le prix d’un logement médian au revenu annuel médian, révélant la pression sur l’accès à la propriété.
Un ratio de 3 à 5 est généralement considéré comme raisonnable, au-delà, l’achat devient un rêve inaccessible.
Aujourd’hui, dans certaines villes, ce ratio dépasse 10, voire 18, brisant les espoirs d’une génération entière d’accéder.
À Hong Kong, il faut 19 années de revenu médian pour espérer acheter un logement : c’est tout simplement invivable.
En Californie, les villes comme Los Angeles ou San Francisco affichent des ratios de 12, pour les classes moyennes supérieures.
À Toronto, l’arrivée massive de nouveaux arrivants accentue une pression immobilière déjà hors de contrôle pour les locaux.
Le rêve américain devient un casse-tête : le ratio national est passé de 2,8 en 1990 à 6,5 aujourd’hui.
Dans plusieurs capitales européennes, le marché est tout simplement figé, verrouillé par des règles ou des pénuries structurelles.
Paris reste inaccessible, même avec un plafonnement des loyers : 10 800 dollars le mètre carré à l’achat en 2024.
Zurich, Amsterdam ou Berlin souffrent de l’effet combiné d’un parc limité et d’une régulation trop rigide.
À Stockholm, les files d’attente pour les logements subventionnés atteignent 20 ans, contraignant les jeunes à rester chez leurs parents.
En Allemagne, le délai moyen pour obtenir un appartement public dépasse désormais six années dans les grandes métropoles.
L’Afrique n’est pas épargnée : plusieurs pays affichent des ratios prix/revenu parmi les pires du globe en 2025.
L’Éthiopie et le Cameroun explosent les compteurs : plus de 47 années de revenu moyen nécessaires pour acheter un logement.
Suivent des pays comme Maurice, l’Égypte, l’Algérie ou le Maroc, tous au-dessus de 12 fois le revenu annuel moyen.
Seule l’Afrique du Sud affiche un ratio plus contenu, mais l’exclusion y frappe tout autant les classes populaires.
Pour les Millennials, nés entre 1981 et 1996, l’accès à la propriété devient une montagne quasiment infranchissable.
Aux États-Unis, seuls 32 % des 25-34 ans sont propriétaires, malgré l’éducation et les revenus doubles des ménages modernes.
En Corée du Sud, l’accession devient un mirage : les jeunes fuient la propriété pour le co-living et la location.
Au Royaume-Uni, il faut neuf ans de salaire annuel pour espérer acheter un bien à Londres, contre trois dans les années 90.
À San Jose, l’acompte moyen dépasse 250 000 dollars, soit une barrière infranchissable pour la majorité des primo-accédants.
Le monde entier observe ce phénomène : plus le rêve immobilier grandit, plus la réalité financière repousse les frontières.
L’immobilier devient une arme à double tranchant : enrichissant les propriétaires, mais piégeant les aspirants dans une dépendance locative.
Ce modèle nourrit une fracture générationnelle croissante et alimente des tensions sociales sur fond d’iniquité patrimoniale croissante.
CAMUS BOMISSO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

