Maitre Dadjé Rodrigue : “Gbagbo, victime de violations multiples »

10 mois

Me Rodrigue Dadjé dénonce les violations flagrantes de la loi ivoirienne dans les affaires Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam.

L’avocat tire la sonnette d’alarme : la loi ne peut pas être à géométrie variable.

Pour Me Rodrigue Dadjé, avocat de l’ex-président Laurent Gbagbo, la loi ivoirienne est appliquée de manière arbitraire, au gré des intérêts politiques.

“Les gens utilisent la loi quand ça les arrange. Et l’ignorent quand ça les gêne.”

Il cite l’exemple de Tidjane Thiam, exclu de la liste électorale. Or, selon la loi, la révision de la liste est obligatoire chaque année, sans débat possible.

“Si la loi avait été respectée, le président Thiam serait inscrit. On ne peut pas refuser d’appliquer une loi pour éliminer des Ivoiriens, puis exiger son respect quand cela sert un camp.”

« Gbagbo a été victime de violations multiples du droit ivoirien »

L’avocat revient également sur les irrégularités entourant les poursuites engagées contre Laurent Gbagbo :

1. L’autorisation de l’Assemblée nationale, obligatoire pour juger un ancien chef d’État, n’a jamais été obtenue ni publiée.

“Le procureur m’a envoyé une citation le 6 novembre 2019, pour une audience le 21 novembre. Mais la mention légale ‘autorisation de l’Assemblée obtenue et publiée’ n’y figurait pas.”

2. L’extradition de Laurent Gbagbo vers la CPI, en 2011, viole la Constitution.

“Le droit ivoirien interdit l’extradition d’un citoyen national. Ce principe a été violé dans le cas Gbagbo.”

3. L’irrégularité de la convocation judiciaire elle-même.

“En droit pénal, seul le prévenu peut recevoir sa convocation. L’avocat ne peut la recevoir à sa place. C’est pourtant moi, son avocat, qui ai été convoqué à mon propre cabinet !”

Selon Me Dadjé, l’État ivoirien aurait dû notifier Laurent Gbagbo directement à la Haye, puisqu’il s’est lui-même chargé de l’y transférer.

« Respecter la loi, c’est respecter les citoyens »

Rodrigue Dadjé interpelle les institutions :

“On ne peut pas construire une démocratie sur des lois qu’on applique selon les personnes. La loi, c’est pour tous — ou pour personne.”

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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