Dans une déclaration sans détour, le journaliste Alain Foka dénonce l’exclusion de Tidjane Thiam pour des raisons de nationalité.
Il appelle à dépasser les faux débats qui menacent la stabilité du pays et interrogent la mémoire politique ivoirienne.
Alain Foka, journaliste :
« Nous sommes dans une hypocrisie collective qui, à mon sens, est nocive. L’affaire autour de Tidjane Thiam est un faux débat. »
Exclure un homme de la course présidentielle pour une histoire de passeport, de nationalité me semble profondément absurde, presque loufoque.
Il est important de rappeler que le président Alassane Ouattara lui-même a été victime d’un rejet similaire.
Toute sa vie, il a été accusé d’être un étranger : voltaïque, burkinabé, jamaïcain, américain…
Chacun se souvient de cette période douloureuse. Il a dû s’en expliquer. Les vidéos circulent encore aujourd’hui.
Alors comment comprendre qu’un tel épisode se répète sous son propre mandat, contre un autre fils du pays ?
Tidjane Thiam est né en Côte d’Ivoire, son père fut ministre ivoirien, et pourtant on cherche à l’écarter pour des papiers.
On peut convoquer le droit, tordre les textes dans tous les sens, mais la réalité reste brutale : on l’exclut.
Et cela pour une affaire de nationalité administrative, qui semble surtout révélatrice d’autres craintes, d’autres stratégies.
Ce genre de manœuvre, selon moi, n’a pas sa place dans une démocratie mature.
Elle risque d’alimenter des tensions dont la Côte d’Ivoire n’a absolument pas besoin.
Laissons-le compétir. Qu’il gagne ou pas, ce n’est pas le débat.
A-t-il la popularité qu’on lui prête ? Je l’ignore. Le peuple jugera, dans les urnes.
Mais l’empêcher de se présenter, c’est choisir la voie de l’exclusion au lieu du débat démocratique.
Nous devons arrêter ces faux sujets qui nous enlisent dans des polémiques inutiles et dangereuses.
Aujourd’hui, on parle d’un homme dont les frères détiennent de « bons » passeports, mais qu’on récuse pour une clause floue.
N’est-ce pas ridicule ?
La vraie question est simple : Tidjane Thiam aime-t-il la Côte d’Ivoire ?
Et j’en pose une autre : le président Ouattara aime-t-il la Côte d’Ivoire ?
Il a fait trois mandats, sans jamais trahir la nation, en la servant.
Comment, dans ces conditions, peut-il laisser faire cela ? Peut-il accepter qu’on exclue, à son tour, un autre Ivoirien ?
FATEM CAMARA (stagiaire)
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

