Samia Suluhu Hassan entame une campagne présidentielle dans un climat verrouillé, où l’opposition est absente, muselée ou emprisonnée.
La présidente Hassan a lancé sa campagne électorale dans un théâtre vidé d’opposants. Des décisions administratives brutales l’ont réduit au silence.
La scène politique tanzanienne ressemble désormais à un désert. Pas d’adversaires, pas de débats, seulement des applaudissements soigneusement orchestrés.
La commission électorale a tranché comme une lame froide, éliminant candidats gênants et partis gênés d’un revers réglementaire brutal.
On a décapité le parti Chadema, pilier de l’opposition. Son chef emprisonné pour trahison, ses partisans traqués sans répit.
Luhaga Mpina, dernier rival crédible, fut éliminé sans appel. Rendant la présidentielle aussi palpitante qu’une pièce jouée d’avance.
Samia Suluhu Hassan, montée au pouvoir sans urnes, s’offre une réélection programmée, en l’absence complète de concurrence véritable ou loyale.
Dans les rues de Dar es-Salaam, artistes et foules louent la stabilité retrouvée, sous un ciel politique étrangement sans nuage.
Le CCM, parti au pouvoir, jubile en toute tranquillité. Aucun murmure sérieux ne perturbe la symphonie du pouvoir total.
Un diplomate a quitté son poste, écœuré par les dérives autoritaires. Ses mots ont résonné dans un silence institutionnel assourdissant.
Pendant ce temps, les droits humains se fanent lentement, étouffés par des discours de réconciliation jamais suivis d’actes concrets et sincères.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

