Océan-cimetière : 69 morts, cent disparus, et toujours aucun rivage en vue pour les damnés de l’Atlantique
Un énième drame s’est joué au large de Nouakchott : 160 migrants entassés, 69 noyés, des dizaines toujours introuvables.
Dans la nuit noire, une embarcation trop pleine a basculé vers la mort, avalant des rêves entiers dans les vagues froides.
Ils étaient 160 à bord, chargés d’espoir, embarqués vers un mirage européen, partis de Gambie pour fuir une vie condamnée.
Le chavirement s’est produit à 80 kilomètres de Nouakchott, lorsque les lumières de la côte ont trompé leur instinct de survie.
L’embarcation s’est retournée brutalement, les passagers ayant couru d’un même élan vers l’illusion d’un rivage salvateur et imaginaire.
Soixante-neuf corps inertes ont été repêchés, tandis que l’Atlantique garde encore le silence sur une centaine d’âmes englouties.
Les garde-côtes mauritaniens ont récupéré seulement dix-sept survivants, seuls témoins vivants d’une tragédie devenue presque banale en 2025.
Chaque vague porte désormais un prénom oublié, chaque écume cache un cri étouffé par le rêve d’un continent indifférent.
La Mauritanie, transformée en rampe de lancement vers l’Europe, devient aussi le seuil d’un enfer maritime d’une régularité insoutenable.
Le bilan macabre s’ajoute aux milliers d’autres : plus de dix mille morts en mer rien qu’en l’année 2024.
Les embarcations de fortune, bourrées jusqu’à la coque, partent chaque semaine avec la mer comme seule promesse et seul juge.
Les ONG alertent, les chiffres explosent, mais les politiques migratoires restent figées, pendant que la mer recrache les corps par vagues.
FATEM CAMARA (stagiaire)
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

