Icône des ondes et du rock contestataire, Khaled Louma laisse un vide immense dans la mémoire culturelle algérienne.
L’Algérie perd une de ses voix les plus singulières. Khaled Louma est mort ce dimanche 24 août, à 70 ans.
Il a été inhumé le lundi 25 août, selon les médias algériens. Confirmant une perte ressentie bien au-delà des frontières musicales.
Fondateur du groupe T34, il a lancé dans les années 1980 le tout premier rock algérien, aux textes engagés et sonorités hybrides.
Parmi ses chansons les plus connues : Jamais doukh (« Tu ne seras jamais surpris ») et Ma dir walou (« Tu ne feras rien »).
Son style éclectique fusionnait rock, funk, jazz, disco et traditions andalouses. Marquant plusieurs générations d’auditeurs algériens.
Une voix de la radio qui a traversé les époques
Au-delà de la scène, il devient un visage familier de la radio. Notamment sur Chaîne 3, la radio nationale algérienne francophone.
Il y anime durant plus de quarante ans des programmes cultes comme Contact ou Black Rock, défrichant les sons d’ici et d’ailleurs.
Pour beaucoup, Khaled Louma fut une passerelle entre musiques alternatives et grand public, entre l’Algérie locale et universelle.
Le ministre de la culture Zouhir Ballalou a salué « une voix rare » ayant éveillé « le goût artistique et intellectuel » d’un pays.
La présidence de la République et plusieurs ministères ont exprimé leur émotion. Saluant l’héritage d’un homme libre et profondément moderne.
Khaled Louma aura résisté à la standardisation, préférant les chemins de traverse aux autoroutes du succès.
Il part sans bruit, mais laisse dans le sillage de ses riffs une onde durable dans la culture algérienne contemporaine.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
