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Le planteur de cacao vole du chocolat et va en prison

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À Abidjan, un homme affamé a volé une boîte de chocolat. Le tribunal l’a condamné. Une histoire tristement banale.

Sur le parking d’un supermarché à Marcory, un homme affamé a tenté de voler une boîte de chocolat.
Il s’appelle Justin Chérif, il a 33 ans, et connaît déjà l’univers carcéral pour y avoir séjourné auparavant.
Ce jour-là, il aide un client à porter ses sacs, puis garde une boîte de chocolat pour lui-même.
La boîte coûte 5 000 francs. Quand le client réclame, il refuse de la rendre. La scène tourne mal.

Le client crie. Des passants interviennent. Ils le frappent violemment, puis récupèrent le chocolat. Le voleur reste au sol.
Arrêté, Justin comparait avec le visage tuméfié. Il ne nie rien. Il répond simplement à la barre : « J’avais faim. »
Le juge écoute, puis questionne. Pourquoi ne pas travailler ? Justin répond qu’il a hérité d’une plantation de cacao.
Le juge s’étonne. Une plantation de cacao ? Et tu voles du chocolat ? Le tribunal soupire, puis rend sa décision.

Sept jours de prison ferme. Il avait déjà passé cette semaine en détention provisoire, depuis son arrestation le 18 août.
Il est jugé le 25 août. L’histoire fait sourire certains, mais elle raconte aussi la faim et la marginalité urbaine.
Un homme qui vole du chocolat parce qu’il a faim. Un pays producteur de cacao. Une prison pleine à craquer.


Le juge lui conseille de repartir au village. Là-bas, dit-il, il pourra travailler sa terre et vivre dignement.

Mais Justin ne sait pas s’il peut encore repartir. À Marcory, il a tout perdu, sauf une faim tenace.
Dans l’univers du droit, il a tout faux. Dans l’univers de la rue, il n’a plus d’issue.
Le chocolat n’a pas été mangé. La boîte est retournée au rayon. Mais l’histoire, elle, reste en mémoire.
Le vol n’était pas spectaculaire. Le procès non plus. Mais la sentence nous rappelle que la pauvreté finit souvent en prison.

Derrière l’affaire, une question demeure : comment se retrouve-t-on à voler ce qu’on cultive sans jamais y goûter ?
Marcory, août 2025. Le chocolat coûtait 5 000 francs. La prison, elle, a coûté une semaine de vie.
Sept jours pour une boîte. Pas de compassion judiciaire. Juste l’application stricte du droit, face à une faim désespérée.
Et demain ? Peut-être que Justin recommencera. Ou peut-être qu’il retournera cultiver le cacao qu’il ne pourra jamais manger.

FATEM CAMARA (stagiaire)

photo:dr

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