Face à une montée inquiétante de la criminalité à Sikensi, les forces de gendarmerie ont démantelé plusieurs fumoirs et saisi 25 kg de drogue.
Une opération musclée qui soulève autant d’espoir que d’interrogations au sein de la population locale.
Dans la petite localité de Sikensi, située dans la région de l’Agnéby-Tiassa, l’étau se resserre autour des réseaux de trafic de drogue.
Entre le 26 juillet et le 18 août 2025, les forces de la gendarmerie nationale ont mené une vaste opération de répression.
Le bilan communiqué est lourd : 25 kilos de produits illicites saisis. Dont 18 kilos de cannabis soigneusement dissimulés dans différents points stratégiques.
La gendarmerie a détruit dix fumoirs mettant temporairement fin à certaines activités illégales très actives dans la région.
Elle a arrêté vingt individus, soupçonnés d’implication directe dans ce trafic. Elle les a présentés devant le parquet de Tiassalé.
C’est dans la salle de réunion de la mairie de Sikensi que le général Koné Sounan a révélé ces résultats mardi 19 août.
Flanqué du préfet Kra Siallou et du médiateur délégué Kouamé Marie-Chantal, l’officier a pris la parole sans détour.
Selon lui, cette intervention répond à la montée préoccupante de la délinquance et de la consommation de stupéfiants dans le secteur.
Il a souligné que la sécurité publique ne peut être assurée sans un appui concret et constant des habitants eux-mêmes.
Le général a ainsi lancé un appel à la vigilance citoyenne. Insistant sur la nécessité d’une collaboration active avec la gendarmerie.
Ses collaboratrices, la capitaine Adou Claudia et la capitaine Adjoua Laurence, ont réaffirmé ce message à travers des appels directs à la population.
L’une a mis en garde contre les effets destructeurs de la drogue. L’autre a plaidé pour une union plus étroite avec les forces de l’ordre.
L’auditoire, composé de responsables locaux, de jeunes et de chefs communautaires, a salué l’opération. Non sans faire entendre certaines critiques.
Des voix se sont élevées pour dénoncer les rafles nocturnes, jugées brutales et peu transparentes par une partie des habitants.
D’autres s’interrogent sur la durée de la mission des forces déployées et sur l’après : la prévention suivra-t-elle la répression ?
JM AHOUSSY
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

