Lors d’une conférence de presse tenue à Abidjan, Koné Katinan, cadre du PPA-CI, a dénoncé l’arrestation de Lida Kouassi et Koné Boubacar. Tous deux soupçonnés d’être à l’origine des troubles de Yopougon.
Il évoque des détentions arbitraires, des procédures illégales et un climat de persécution contre leur parti.
Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) ne décolère pas. Suite à l’arrestation de deux de ses cadres, Lida Kouassi, ancien ministre d’État, et Koné Boubacar, ancien directeur du protocole d’État de Laurent Gbagbo, Koné Katinan, porte-parole du parti, est monté au créneau. Pour dénoncer ce qu’il qualifie de “persécution politique méthodique”.
D’après lui, le motif officiel de leur interpellation repose sur les accusations de personnes arrêtées. A la suite des violences survenues à Yopougon dans la nuit du 1er au 2 août 2025. Ces violences avaient conduit à l’incendie d’un bus de la SOTRA. Et au vandalisme d’un véhicule de police.
Mais pour Koné Katinan, ces accusations sont infondées et juridiquement inacceptables :
« On leur reproche d’être les instigateurs des troubles à Yopougon. Or, les premières personnes arrêtées les ont simplement cités. Mais un citoyen détenu n’est pas libre, ses déclarations ne peuvent constituer une preuve recevable en droit. »
Il ajoute que les conditions de détention sont contraires aux principes élémentaires de justice.
Lida Kouassi, selon lui, est privé de 20h jusqu’au lendemain à 15h. « C’est une torture morale et physique injustifiée infligée à des cadres politiques, sans décision judiciaire claire ni encadrement légal. »
Le PPA-CI insiste également sur l’illégalité de la procédure. Les deux hommes ont été convoqués à la préfecture de police, mais le parti rappelle qu’un ancien ministre et un ancien ambassadeur bénéficient de procédures spécifiques en matière de comparution.
« Nos avocats s’y sont rendus pour en informer les autorités, mais cela n’a pas été pris en compte. »
Koné Katinan souligne en outre que 30 cadres du PPA-CI qui se sont rendus à la préfecture soutenir leurs camarades. On les a refoulés.
Une attitude qu’il juge “hostile et révélatrice d’une volonté de marginaliser et museler l’opposition par des moyens détournés.”
Autre point de discorde : l’audition des deux cadres par des officiers de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST).
Selon Koné Katinan, ces agents n’ont pas les compétences nécessaires pour instruire ce genre de dossiers. Ce qui jette le doute sur la légalité de l’enquête en cours.
« La justice, qui doit réguler les comportements et garantir les droits, ne peut être utilisée comme instrument de torture ou de répression politique », a-t-il martelé.
Pour alerter l’opinion nationale et internationale, une conférence de presse conjointe avec Dano Djédjé, autre figure importante du parti. Tous deux dénoncent la persécution continue dont est victime le PPA-CI, un climat qu’ils jugent contraire aux aspirations démocratiques du pays.
« Il ne s’agit pas seulement de deux hommes politiques inquiétés, mais d’un signal grave envoyé à toute l’opposition ivoirienne », conclut Koné Katinan.
Alors que la situation reste tendue, le parti appelle à la libération immédiate de ses membres et au respect des procédures légales.
Dans un contexte politique déjà fragile, cette affaire pourrait bien raviver les tensions. Et relancer le débat sur l’indépendance de la justice en Côte d’Ivoire.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

