Agboville: une saison de funérailles municipales

6 mois

Trois décès, en quinze mois, ont endeuillé la mairie d’Agboville. Dernier en date : N’Cho Adé Louis, conseiller municipal.

Une série de disparitions qui secoue silencieusement les fondations d’une équipe municipale déjà marquée par le deuil et l’inquiétude.

Ce dimanche 27 juillet 2025, un autre siège reste vide dans la salle des délibérations de la mairie d’Agboville.
N’Cho Adé Louis, conseiller municipal discret mais engagé, s’est éteint à l’aube, laissant son nom dans les registres.
Le conseil municipal a confirmé l’information par une note laconique, transmise aux organes de presse en fin de matinée.


Albert N’Cho Acho, maire en fonction, a exprimé une émotion palpable, mêlée de résignation devant la répétition du deuil.
Il a adressé ses condoléances à la famille biologique du disparu et à l’ensemble des membres du conseil municipal.
Ses mots évoquaient la fatigue morale d’une équipe municipale souvent réunie pour accompagner les siens jusqu’au cimetière.
« Trouvons la force de continuer ensemble », a-t-il soufflé, dans un appel à la solidarité et au courage partagé.
Ce décès intervient moins de deux mois après la disparition d’Anthoney Kacou, autre conseiller municipal mort à Abidjan.


Avant eux, Inchaud Ayet Arsène, 5ᵉ adjoint au maire, s’était éteint le 29 avril 2024, sans tambour ni oraison.


Une étrange série noire frappe la mairie, comme si une main invisible venait décrocher un à un les portraits muraux.
Les couloirs de l’hôtel de ville résonnent désormais du silence que laissent les pas que l’on ne reverra plus.
Il n’existe aucune explication officielle, seulement des archives funèbres et des échos douloureux dans la mémoire institutionnelle locale.
Les obsèques de N’Cho Adé Louis seront annoncées ultérieurement, selon une source proche du cabinet du maire.


En attendant, la mairie continue de fonctionner, portée par ceux qui restent, ceux qui tiennent, malgré tout.
La question du remplacement de ces élus défunts sera probablement abordée lors de la prochaine session municipale.
Mais le deuil, lui, ne connaît pas d’agenda, il ronge les hommes à l’ombre des documents administratifs.


Chaque disparition écorne un peu plus la stabilité émotionnelle d’une équipe municipale sous pression et sans répit.
Il faudra du temps pour que ces chaises vides cessent de peser autant dans les réunions hebdomadaires.
Et peut-être que seul le travail, constant et résilient, permettra d’écrire la suite sans effacer les absents.

JULIEN BOUABRE

photo:dr

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